D’Arbois de Jubaïinville, Catalogue .…, p. V
Pythagore, les Proverbes de Salomon, Orphée, l’Iliade et l'Odyssée, l'Edda et Ossian. Je n "insiste pas sur la compo sition de cet extraordinaire musée des antiques ; mais J'ai l'impression que si un Macpherson bas-breton avait présenté à Eloi Johanneau ou à quelqu'un de ses confrères un recueil d'anciens poèmes gaulois, il eût eu quelque chance de réussir pour un temps. Il va sans dire que le secrétaire perpétuel croit à l’authenticité totale d’Ossian. Il consacre une longue note, qui s'étale sur dix pages *, à résumer toute la question d’après le Rapport de 1805 et d’après Laing. Mais ce résumé n’est pas impartial, et les conclusions en sont nettement favorables à Macpherson.
Ceux-là ont leur siège fait, et l’étude des documents nouvellement publiés en Angleterre ne peut que les fortifier dans leur opinion. Il semblerait que l’on ne dût plus raisonner de l'authenticité après les conclusions de 1805, et surtout après le livre de Laing, comme auparavant. Jusque-là, un critique comme celui qui rend compte dans le Publiciste du recueil de d’Arbaud-Jouques *, un ossianiste isolé comme celui qui du fond de la Nièvre plaide dans la Décade la cause du Barde *, pouvaient en 1801 et en 1804 admettre l’authenticité. Mais, chose difficile à croire, les travaux consacrés à rendre compte des publications des deux Sociétés anglaises en 1805 et en 1807 et dulivre de Laing, aboutissent à des conclusions diamétralement opposées. L'exemple typique est fourni par Ginguené et Boissonade, qui la même année donnent avec détail leur avis sur la question.
Ginguené fournit une Notice, nous l’avons vu, à l’Ossian français que réimprime Dentu. Cette Notice a été aussi publiée à part *. Deux raisons font de lui un tenant convaincu de l'authenticité : la première, c’est que dans une dissertation placée comme la sienne en tête d’une édition complète d'Ossian, il était difficile de démolir l’idole à la gloire de qui le livre était consacré ; la seconde, c’est que