‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 340 sur 512 · Publiciste, 27 thermidor an IX · texte numérisé non relu

Publiciste, 27 thermidor an IX

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La Décade 661:

: torien (I, 210). A peine le Rapport de 1805 a-t-il été publié . en Juillet, et le livre antimacphersonien de Laing en août, ; que les Archives Littéraires donnent un grand article ano- nyme, très sensé et judicieux ‘. L'auteur résume les con- > clusions du Rapport, l’article de l'Edinburgh Review, et expose le système de Laing ; il conclut, comme on s’y attend, tout à fait contre la véracité de Macpherson. Cette . documentation sérieuse est rare à cette époque de critique improvisée, et plus brillante que solide, Un autre article - anonyme, plus court mais très judicieux, explique le sujet

d’Ossian par les plagiats mêmes de Macpherson : « On admira __ ce qui était vraiment admirable, sans se douter qu’on l’avait - déjà mille fois admiré dans d’autres ouvrages”. » Esménard se prononce contre l'authenticité, mais connaît très mal les faits*, Il croit, avec Chateaubriand et d'après lui, que Mac-

… pherson, quand il a composé ses poèmes, était déjà riche et avait «un beau parc dansles montagnes del’Ecosse». Alors, rien de plus simple : « Il a chanté ses montagnes, son parc, et le génie de sa religion. >» La ressemblance de ses arguments avec ceux de Chateaubriand va jusqu’au plagiat : l’argument tiré de Gray qui dans son Barde ignore Ossian ; l'argument tiré des chênes et des aigles qui ont toujours été inconnus à l’Ecosse : tout celaest du Chateaubriand tout pur. La Décade, pendant cette période, est nettement contre l'authenticité. Mais ses arguments sont tous des arguments internes, du même ordre que ceux d’Esménard. En 1804, elle consacre à Ossian un article important ‘. Elle signale l’astucieuse prudence de Macpherson qui, ignorant l'histoire des Gaëls et leurs mœurs, « s’est borné à les faire * combattreet chanter »; qui ne leur a point donné de mythologie, uniquement « par crainte de se compromettre aux yeux des érudits »; et qui d’ailleurs « a fait pousser des - chênes... » Nous connaissons la phrase : c’est la troisième fois que nous la rencontrons ; elle a passé de Chateaubriand à la Décade et au Mercure ; on la ressort tous les deux ans. Le même journal annonce avec quelque scepticisme

1. Archives Litléraires de l’Europe, VIII, 256 (novembre 1805) : Sur l'authenticité des Poèmes d’Ossian.

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