‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 354 sur 512 · Décade, XLII, 294 (20 thermidor an XII · texte numérisé non relu

Décade, XLII, 294 (20 thermidor an XII

4. Journal des Débats, 23 messidor an XII ; Geoffroy, Cours de Liltérature dramatique, V, 57.

taie gr sai A r A re ; Se LM Ps Fontanes et l'irréligion d'Ossian 679

même déjà la chevalerie « avec plus de simplicité, et sans ce mélange de préjugés gothiques qui la défigurèrent en des temps postérieurs », Mais voici qui est plus important. La monotonie de cette poésie a pour cause l’absence de religion. La seule croyance qu’on y rencontre, la survie des héros dans les nuages, « n’offre qu’un merveilleux assez triste et bien vite épuisé ». On ne trouve dans tous ces poèmes « aucun point de vue consolant ». Et voici qui est plus net encore :

Ossian m'attendrit sans doute quand il me conduit au tombeau de ses pères ; mais il faut qu’une divinité veille autour des tombeaux pour leur donner plus d'intérêt et les rendre sacrés.

C'est l’idée d’un Dieu qui féconde les arts, comme elle anime le spectacle de la nature “.

De là cette supériorité de la poésie des Hébreux, où Racine a puisé A/halie, et d’où il aurait pu emprunter d’autres chefs-d'œuvre, tandis que d’Ossian l’on ne pourrait tirer qu’une seule pièce. C’est qu’ « il y a plus de cordes à la harpe de David et d’Isaïe qu’à celle d’Ossian ». C'est la première fois que nous voyons le Barde moins goûté pour cet athéisme même qui l'avait fait tant estimer d’un siècle incroyant. Le vent va tourner : Ossian en ressent un des premiers effets.

Fontanes revient à la charge cinq ans plus tard, et répète mot pour mot deux des phrases que je viens de citer. Il insiste davantage sur le principal défaut des poèmes ossianiques, qui est de manquer de religion. Le merveilleux calédonien « est assez triste et bientôt épuisé. Il peut amuser un instant l’imagination, il ne la nourrit pas ?. » Il attendrit ; il ne console pas. Au contraire, les maîtres de la littérature du Nord, « Milton, Young, Klopstock, Shakespeare lui-même » doivent leurs beautés à la Bible : ils offrent le caractère de la poésie hébraïque. Pour Chateaubriand et Fontanes qui sont en étroite communion d'idées et emploient les mêmes expressions, pour Esménard qui les copie *, pour les initiateurs de la renaissance

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