Ib., p. 161; et Chansonnier des Grâces, 1824, p
déle ‘, dont le héros est un Oscar. Certains, et plus importants, sont de véritables poèmes en prose : Ferqus, Swaran, et Irama?, qui ont de dix à vingt-cinq pages. Ces trois morceaux constituent un genre nouveau, celui de la nouvelle ossianique : : des amours, des combats. des mariages, parmi beaucoup de chants des Bardes. Swaran est le plus intéressant: ce héros est converti à un dieu inconnu que le Barde lui a annoncé, et avec qui il a eu la nuit un combat mystérieux. Il y a là, avec une forme extérieure assez analogue à celle de Macpherson (prose poétique, courts alinéas), une inspiration chrétienne voilée et un bizarre mélange de fadeur ossianique et de rudesse scandinave. Les noms, dans ces trois nouvelles, sont tantôt tout ossianiques, Lubar, Starno, Inistona, Loclin, Swaran, Salgar, Sulmala, Corma, Carul, Inisfail; tantôt inventés par analogie ; tantôt scandinaves, surtout dans frama, la plus longue. C’est dans Irama que se montre le mieux l’anastomose odino-ossianique. Ducomar et une E/mora y voisinent d’une part avec Odin, Thorvald,le Nisfleim et le Nastrond, et d'autre part avec les Druides et leurs chênes. Et il y a là des « vierges roses qui pansent les plaies des guerriers » et d’autres vierges qui méritent qu’on leur dise : « Tes yeux sont bleus comme l’azur d’un beau jour, et ta bouche appelle les baisers. » L'auteur traite aussi les sujets scandinaves pour eux-mêmes, dans un Chant de mort d'Halfadan * ou dans un Chant de Thorvald *; encore Halfadan rappelle-t-il Ossian par le nom de son ennemi Ducomar. Aüïlleurs il se tourne vers notre Armorique, et, toujours plein d’Ossian, il cherche à identifier les traditions calédoniennes avec les usages bretons. Ici et là, mêmes spectres errants, mêmes pierres sur les tombeaux; lés bardes sont les barz bretons, et l’on retrouve en Bretagne des dogues, des harpes et des météores". C’est à propos de la Bretagne qu'il parle des « champs d'Arven » et d’Inistore 5. D'ailleurs aucune des touches
1. Boucher de Perthes, Romances, Ballades et Légendes, p. 237.
2. Id., Chants Armoricains, 2° éd., 1831, p. 269: Fergus; p. 283: Swaran; p. 297: [rama. Ferqus a paru dans l’Almanach des Dames, 1819, p. 81; Swaran dans le même recueil, 1822 et 1836, p. 71. °