‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 370 sur 512 · Marchangy, La Gaule Poëtique..…., 3° éd. augmentée · texte numérisé non relu

Marchangy, La Gaule Poëtique..…., 3° éd. augmentée

3. A. Tedeschi, p. 84. L’auteur consacre plus d’une page à Marchangy.

4. Vicomte d’Arlincourt, Charlemagne ou la Caroléide, poème épique en 24 chants, 1818.

5. Alfred Marquiset, Le Vicomte d’Arlincourt, p. 77 : Lettre de d’Arlincourt à son père, 16 juin 1818.

« La Caroléide » de d'Arlincourt 723

Lochlin, la grotte de Fingal, Loda, Oscar, Morven, les bardes, les sept bosses du bouclier qui font entendre les sept voix de la guerre, ete. Et d'autre part, Odin, Balder, Freya, Thor, les scaldes, les Valkyries. Des scaldes entonnent un bardit. N'oublions pas un troisième élément représenté par les preux et l’oriflamme, mais bien plus rare qu’on ne le croirait dans ce poème consacré à Charlemagne. Je sais bien que le vicomte connaissait mal, et pour cause, les Chansons de geste, et que l’auteur de la Caroléide ignorait à peu près notre Roland. Mais il est extraordinaire qu’il ait si souvent fait appel à la légende scandinave, plus encore, qu’il y ait mêlé une forte proportion d'ossianisme. Celui-ci Jui fournit à plusieurs reprises des comparaisons avec les ombres, avec les sons mystérieux de la harpe. Il y a même un chant, le XIV°, presque entièrement ossianique. C’est l’épisode du « mont d’Ossian ». Ce mont fut la demeure « d’un Barde de Morven.. de l’immortel Ullin ». C’est pour cela, paraît-il, qu’il s’appelle le mont d'Ossian, Ullin a édifié sur le sommet un palais merveilleux :

Là des Bardes en chœur la voix mélodieuse Montait en doux accords jusqu’au palais des vents, D'où les nobles aïeux de ces chantres vaillants, Princes aériens, commandaient aux orages.

Là est évoqué sans cesse le souvenir de Starno, de Trenmor, de Fainasollis, et d’Agandecca, et de Temora, et d’Inistore. Là revivent

Les palais de Morven, les grottes du Lora,

Et surtout Ossian, ce barde de Selma, ;

Dont les exploits guerriers, comme les chants célèbres, Ont du chaos des temps traversé les ténèbres.

Et nous avons le couplet sur les ruines de Balclutha. Ce chant tout ossianique est d’ailleurs le meilleur, ou le moins mauvais, du poème : c’est que l’auteur suit un modèle qui fournit de poésie son indigente imagination. Il s'excuse d’ailleurs de « ce style étrange » ; mais il a tenu à conserver « exactement les teintes et la couleur ossianique ».

Il faut joindre à ces poèmes ossiano-scandinaves quelques

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pièces isolées qui offrent le même caractère. Norvins, ancien fonctionnaire et futur historien de Napoléon, passant en revue les croyances de tous les peuples sur L'Immortalité de l'Ame, mêle constamment Odin et les Celtes, place un barde en Islande, metle Walhalla dans les nuages d'Ossian, les peuple de bardes poétiques, et invoque une vague Calédonie qu il fait religieuse pour les besoins de son sujet :

0 terre de Fingal ! solitude guerrière ‘ !

Baour-Lormian essaie de se rajeunir et de se mettre au goût du jour en faisant des ballades du genre de Lenore, des Paradis d'Odin où le scalde remplace le barde ; il reste fidèle aux plaines de Cromla — il a oublié son Ossian, car le Cromla est une montagne — qu’il associe à Balder, Fregga, Idrazil — il estropie toutes les mythologies — et aux Walkyries *. Reiffenberg donne la parole à un Barde captif des Romains : ce n’est pas un Calédonien, c’est un Gaulois qui est tout de même un Germain *. Dans un autre poème, il place Velléda sur « les bords du Légo » qui est, on le sait par Ossian, « le Styx du Nord * ». La Harpe du Scalde * est aussi celle du Ménestrel de Beattie, que Chateaubriand avait commencé à traduire et dont la traduction est achevée par J.-B.-A. Soulié* ; et celle des troubadours qui l'empruntent à Ossian pour « remplacer la lyre ‘ ». Enfin, notons l’Irma de l’ossianiste Saint-Michel 5, « récit dans le goût scandinave » ; mais ce scandinave-là doit beaucoup à Ossian. Deux frères s’entre-tuent pour la belle Irma : elle périt à son tour en embrassant son amant, et le voyageur ému vient rêver sur leur tombe.

1. De Norvins, L’'Immortalité de l’Ame, poème, 1822, chant IL..

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