Annales de la Liltérature et des Arts, III
7. René Trédos, Loisirs Poéliques, 1828, p. 61 : Hommage à la Harpe, romance.
8, Almanach des Muses, 1816, p. 35 : Irma, récit dans le goût scandinave, par Alexis de Saint-Michel.
« La Calédonie » d'Auguste Fabre ae:
A côté de ces poèmes ossiano-scandinaves il en est deux au moins qui portent plus exclusivement l'empreinte ossianique. Je veux parler de La Calédonie d’Auguste Fabre et de l’Arindal de Bernède. Là, point de Walkyries ni de Walhalla. L’Ecosse ossianique leur suffit : mais ils en font un usage bien différent.
L'auteur de La Calédonie, frère de l’ossianiste Victorin Fabre,explique dans sa Préface ‘quelle est sa dette envers Ossian. Son poème a pour sujet la guerre victorieuse qui rendit aux Calédoniens l’indépendance, et chassa du sol de l’Ecosse les légions de Septime Sévère et de Caracalla. Ses couleurs, ses caractères, lui ont été fournis par les poèmes d’Ossian, puisqu'on ne connaît guère la Calédonie ancienne que par eux ; et l’on peut s’y fier, car l’authenticité de ces poèmes est « au moins quant au fond, reconnue aujourd'hui, ou plutôt constatée ». Mais, dira-t-on,s’il en est ainsi, pourquoi n’a-t-il pas choisi pour ses héros Fingal, Oscar et Ossian ? Parce qu’il ne les a pas trouvés dans l’histoire. Il s’est contenté de s'inspirer d’une manière générale des poèmes ossianiques. D’une manière générale, en effet ; et aussi pour les noms propres : à l’exception des trois qu’il a nommés, on retrouve dans ses vers les noms les plus connus. Quelques-uns revêtent des personnages familiers : Gaul, Dermide, Clessamor, Moïna, Minvane, Foldath, Carril le barde, évoluent dans Inistore, à Lochlin ou aux bords du Lora ou de la Clutha. D’ailleurs l’auteur cite Le Tourneur qui est avec Tacite sa principale autorité.
Ce qu’il faut surtout noter dans La Calédonie,c'est qu’Auguste Fabre, à la différence de la plupart de ses émules, sait faire la distinction entre Ecosse et Scandinavie. Léon Thiessé le félicite d’avoir laissé de côté toute mythologie scandinave et supposé seulement « que les âmes des héros président aux actions des hommes* ». C’est à Ossian qu'il
1. J.-R. Auguste Fabre, La Calédonie, ou la Guerre Nationale, poèmeen
12 chants, 1824.
2, Mercure du XIX° siècle, 1824, VI, 193.