‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 373 sur 512 · L’Année française, 1824, p · texte numérisé non relu

L’Année française, 1824, p

2. Auguste Bernède, Arindal, ou les Bardes, suivi de Gélimer, ou le Héros vandale, etc..., 1819.

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« Arindal » de Bernède | 727

et ailleurs, d’Ossian le père de Malvina, quand c’est Toscar qui doit revendiquer cet honneur. S’appuyant donc sur le témoignage des voyageurs qui ont « médité sur les ruines de Morven », l’auteur a entrepris de composer un poème dans le genre ossianique ; il a pris au Barde des noms, la couleur locale et « le court épisode du dogue » qui pleure son maître. Libre à d’autres de critiquer ce genre, de « ridiculiser avec beaucoup d’esprit les bruyères, les laes et les déserts ». Il tient, lui, que ce paysage est «en parfaite harmonie » avec « une imagination exaltée par le malheur ». Ossian est de son pays comme Homère et Virgile sont chacun du leur : ilest,comme eux, riche en «beautés sublimes ».

Le poème n’est pas fort long : 478 vers en 3 chants ; alexandrins coupés de vers libres. Ossian sort de sa caverne, et,dans une sorte de monodie en vers libres, décrit le paysage avec ses bruyères et ses météores, invoque la lune, dit sa vie errante, pleure Oscar et Malvina,et contemple le tombeau de cette dernière —car pour Bernède Ossian n’est pas aveugle, 1l a seulement « une faible vue » — évoque Fingal et la ruine de Morven, qu'il identifie avec Balclutha. Tout à coup paraît un autre vieillard : c’est Carril ; après s'être pris mutuellement pour des fantômes, les deux bardes se reconnaissent, et Carril raconte à Ossian qu'il fuit, torturé par les remords, car il a laissé périr le jeune Arindal qui lui était confié par son père Lamor.

Bernède a pris aux poèmes ossianiques des personnages et des lieux — qu'il a souvent brouillés ou confondus — quelques faits, quelques motifs, et surtout de la couleur pseudo-calédonienne, et avec tout cela a composé un petit roman ossianique. Le style, bien que d’un novice, a de l’aisance, et les fausses élégances y sont rares. Le premier chant est le plus typique et le seul intéressant. Le Conservateur Lattéraire,dans un article signé S..., n'apprécie guère le poème, et se borne à constater que « décidément les poésies ossia-

niques deviennent à la mode ; on veut du romantique en vers et en prose ‘».Onremarquera deviennent à la mode ; l’expression est au moins curieuse en 1820.

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