‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 393 sur 512 · Zyromski, p.97 et suiv · texte numérisé non relu

Zyromski, p.97 et suiv

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varié et plus riant, les vents sont des zéphirs, la mer est de plus en plus la Méditerranée aux flots lumineux et caressants. Mais à certaines heures le poète revient au paysage

ossianique. Îl a, somme toute, raison de dire :

Ossian est certainement une des palettes où mon imagination a broyé le plus de couleurs, et qui a laissé le plus de ses teintes sur les faibles ébauches que j'ai tracées depuis *.

Voilà en effet ce qu'il doit surtout au Barde : des couleurs, et la nuance particulière de ses émotions, c’est-àdire la partie la plus spécifique, à certaines heures, de sa poésie.

« L’enthousiasme de Lamartine pour Ossian, a-t-on dit, grandit en proportion directe de la distance qui le sépare de sa jeunesse ? ». Il est en effet plus vif dans la Préface et les Commentaires de l'édition de 1849 que dans Jocelyn, et plus vif encore dans le Cours de Littérature, qui est de 1868. Cet enthousiasme, quand son nom se présente sous sa plume, ne veut pourtant pas dire qu’Ossian soit encore un de ses livres de chevet. Au contraire, il semble bien que pendant les trente dernières années de sa vie, Ossian ne figure plus au premier plan de la pensée de Lamartine. Veutil citer des exemples de grands génies oubliés pendant des siècles, et qui brusquement ont retrouvé la gloire, il nomme Dante, Milton, Pétrarque (pour sa réputation en France) , et omet Ossian, qu’on s’attendrait à rencontrer en si bonne compagnie. Les quelques livres dont s'entoure son âge mûr, c’est la Bible, Homère, Cicéron, Virgile, Pétrarque, Chateaubriand, Byron et l’Imitation *. Une autre liste est plus brève encore et plus austère : « Job, Homère, David, sont les trois poètes de ma prédilection *. » Tout à l’heure Job et Homère ne

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