Ib., livre III, ch. VI : Un homme de mer
LA eut, Victor Hugo 767
Er __ Victor Hugo n’a pas été longtemps tributaire d’Ossian, 1 et tout à l’heure nous chercherons pourquoi. Mais, jeune écolier, dans sa période d’apprentissage littéraire, lorsque 1 son précoce talent attendait encore l'inspiration et l’origi- nalité, il ne pouvait guère manquer de graviter lui aussi 4 dans l'orbite du Barde. Sa tragédie d’Afhélie ou les Scandi- 3 naves, à laquelle il travaillait à quinze ans, mais qu’il ne 4 poussa pas plus loin que le second acte ‘ dé montre déjà tributaire du goût que nous avons Etat ee et qui était à son apogée vers 1817, pour je ne sais quelle Scandinavie fabuleuse, et qui devait encore plus à Ossian qu'à l Eddu. Si lui-même nous a fourni déjà un mot qui caractérise bien ce goût littéraire, c'est qu'il se souvenait d’avoir, à quinze ans, sacrifié à ces autels.
Le 5 juillet 1818 — et non pas en février comme le dit Victor Hugo raconté — le jeune Victor, qui avait seize ans, donna lecture de ses Derniers Bardes, composés dans le courant de juin, à l’un de ces dîners littéraires à deux francs par tête que ses amis et lui avaient fondés chez Edon, rue de l’Ancienne Comédie *. Puis le poème parut ; il parut même quatre fois * : dans le Conservateur Littéraire ‘, dans les Jeux Floraux *, dans le premier recueil du jeune poète ;, enfin, beaucoup plus tard, dans Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie *, où il occupe quatorze pages, parmi les Poèmes de la première jeunesse, entre Raymond d'Ascoli et Le Télégraphe. La pièce avait disparu du recueil des Odes dès la seconde édition : l’auteur la jugeait sans doute ce qu’elle était, un exercice de débutant, indigne de figurer définitivement dans ses poésies. Elle a été repéchée dans