‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 405 sur 512 · Beaumont and Fletcher, The Mad Lover, acte IV, scène · texte numérisé non relu

Beaumont and Fletcher, The Mad Lover, acte IV, scène

Divers poètes romantiques 779

sence du Barde dans leur imagination : Ossian est, je crois bien, absent du recueil de La Muse française. Dans L’Infidèle, de Soumet !, l'inspiration est toute chrétienne et chevaleresque. Mais l’anecdote est probablement ossianique : nous connaissons ces vierges qui s’arment pour combattre et qui sont par mégarde tuées par leur amant. Soumet et Guiraud sont deux méridionaux qui ne fréquentent guère dans Morven. L’Hospitalité, de Ulric Guttinguer, se donne pour Chant gaulois * ; mais il y a là un barde solitaire, et l’ensemble est vaguement ossianique ; d’ailleurs nous verrons Guttinguer, à Rouen, défendre le Barde contre les railleries des classiques. La Glorvina de Rességuier, fille d’un vieillard qu’elle endort aux sons de sa harpe, est plus nettement calédonienne :

. Sa voix est unie Aux sons doux et légers des accords d’Ossian *.

On remarquera que ce nom de Glorvina n’est pas ossianique : le poète l’a très probablement emprunté au roman de Miss Owenson.

L'’inspiration automnale et mélancolique, souvent associée à des sentiments chrétiens, se développe beaucoup dans notre poésie à partir de 1820, comme on s’en aperçoit en feuilletant un assez grand nombre d’ouvrages ou de recueils. Lamartine y est sans doute pour quelque chose. L’A/manach des Muses ne fait place à cette inspiration que vers 1822 : c’est cette année-là qu’il donne le Jeune poète mourant du romantique Holmondurand :

Car j'ai toujours aimé les beaux mois des tempêtes, Ge ciel mélancolique et cette longue voix, Cette voix des autans qui chassent sur nos têtes

Les feuilles éparses des bois ‘.

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