‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 412 sur 512 · Mercure du XIX° siècle, 1824,p · texte numérisé non relu

Mercure du XIX° siècle, 1824,p

Poëtes contemporains du Romantisme 789

romance : la sienne offre un curieux mélange de classique (Bellone), d'Ossian (Oscar, Lormar), de troubadour (preux

chevalier), et de jargon gothique à la Clotilde de Surville

(promets flamme éternelle ; fais doux serments) *. Autre mélange : Hervier fait rôder le loup Fenris autour de Toscar et d Ullin dont il fait le barde de Vercingétorix ; les - larles voisinent avec les Druides et les Bardes ; et de ce dernier terme l’auteur sait l’origine : bard est le même mot que bird, oiseau, parce que les bardes étaient « les oiseaux des concerts religieux * ». Picquet représente un ossianisme plus pur : il consacre à Oscar, à Malvina, au « roi de l’harmonie »,à Selma et à ses harpes 32 vers de son Parnasse *. Dusaulchoy commence ses Tombeaux par une invocation à « l'étoile du couchant » qui reproduit assez librement celle des Chants de Selma *. Ce poème, qui débute ainsi par de l’Ossian, continue par une imitation directe du Cimetière de Gray.

Nous retrouvons enfin deux poètes que nous avons déjà rencontrés sur notre chemin. Victorin Fabre fait entendre une Voix du Barde plutôt écossaise que purement ossianique. Auguste Moufle chante la douleur de Minvane : : c'est un large développement des deux pages de Le Tourneur. Ces 82 vers sont riches en couleur locale,en doques, en météores, en nuages flottants, quoique les chevreuils d’Ossian y deviennent des chevreaux; ils sont d’ailleurs assez heureux. Moufle ossianise aussi dans ses romances vaguement scandinaves (L’Amant d’Isnel ‘) ou troubadour (Minval *) ou même classiques (La Veillée d’une Amante, élégie *, dans laquelle il y a une Malvina).

On trouve encore aux environs de 1830 quelques poèmes où des préoccupations politiques se revêtent en apparence

1.Chansonnier des Grâces, 1816, p.266 : La gloire à Oscar, par P: H.G. (de Mortagne).

: 2.E. Hervier, Le siège de Gergovia ou Les Chants d’un Barde, 1823.

3. J.-B. Picquet fils, Le Parnasse, poème en 3 chants, 1828. - 4. Dusaulchoy, Nuits poétiques, 1825, p.235.

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