‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 419 sur 512 · Bibliothèque universelle... Genève, X · texte numérisé non relu

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Ossian et le monde celtique | 799

l’amour, qui dans leurs chants « n’osait paraître que pour offrir une récompense aux héros » ; tout cela c’est de l’Ossian. On rêve, d’après les chants du Barde, un état social, politique, religieux et moral qui aurait été, non seulement celui des Calédoniens, mais celui de tous les Celtes. De même Eusèbe Salverte prend Ossian pour base de son enquête sur les noms d’hommes et de lieux, en ce qui concerne le monde celtique ‘.Si nous connaissons mal les noms gaulois, « plus heureux ont été les guerriers d’Erin et de Morven » connus par les chants d’Ossian, où l’auteur admire « une haute poésie, une sensibilité touchante, une nobleélévation ». D’après Le Tourneur, Smith et Hill, les noms ossianiques sont tous individuels, tous significatifs. On saisit bien ici le prix inestimable d’Ossian. Il est le seul témoin du passé celtique : il supplée à ces monuments de la langue gauloise qui font complètement défaut ; il est le poète, l’historien, le philosophe et le pontife de sa race. « Les poèmes d'Ossian sont pour les mœurs des nations erses ce qu'est l'Écriture pour celles des peuples asiatiques ?. » Il donne la clef du monde celtique. Six lignes où figurent Lamor, Connal et Galvina expliquent les peulven ou pierres levébs de la Bretagne. « Le barde armoricain, sur ses collines, trouvait de toutes parts, comme Ossian, les tombeaux oil de mousse qui lui rappelaient les héros des temps passés.» Notre Bretagne serait pareille à la Calédonie, n’était que « sa fraîche verdure » contraste avec « cette Calédonie sévère, que ses bardes ont peinte avec des couleurs si sombres ». Il y a près de Clisson « une grotte à laquelle on a donné le nom d'Ossian », et Richer de Nantes l’a visitée 3. Ossian n’est pas moins apprécié au point de vue sentimental et moral que pour sa beauté d’art ou son intérêt historique. Les partisans eux-mêmes des anciens genres estiment qu'il offre aux modernes les plus émouvants chefsd’œuvre du genre descriptif. Le même Richer de Nantes,

1. Eusèbe Salverte, Essaz. sur les noms d'hommes, de peuples et de lieux, 1824, 1, 118-123 : Celtes et Calédoniens. Cette partie de son travail avait déjà paru dans la Bibliothèque Universelle de Genève, VIII, 236 (1818).

2. Ed. Richer, Voyage pittoresque dans le département de la Loire- Inférieure, 1823, lettre VI, p. 45.

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