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Panckoucke. D'Hardiviller | 857
nistes. Non seulement maints détails le forcent à se rappeler le Barde : Staffa, « le palais gigantesque d’Ossian », le bateau à vapeur la F/le de Morven sur lequel il descend la Clyde ; mais les Hébrides, qu’il visite, lui paraissent évoquer invariablement, par tous leurs aspects, le poète qui les a révélées à l'Europe. Panckoucke a ceci de particulier qu’il est plus ou moins artiste, et qu’il voit surtout Ossian à travers la peinture ossianique de l’Empire, Il connaît d’autant mieux le « tableau magique » de Gérard que celui-ci lui a « permis de le copier » ; il se plaît à en rappeler les détails à ses compagnons de voyage. Il leur rappelle aussi la grande toile de Girodet. Dans tel coin rocheux, au bord de la mer, il lui semble voir Ossian « absorbé dans son improvisation», Il le revit dans sa propre imagination et à travers celle des artistes qu'il a inspirés. Il faudrait citer cette page tout entière. Et, absorbé dans ses souvenirs, il montre moins de perspicacité que Custine. Il croit « qu'il n’y a personne dans ces îles qui ne sache par cœur quelques-uns des hymnes du Barde de la Calédonie » ; que « les noms d’Ossian et de ces héros des sombres nuages charment toujours leurs oreilles ; ce sont là leurs ancêtres, ce sont encore les Dieux du pays ».
Comme tant d’autres, Panckoucke ne fait pas son admiration tributaire de son opinion sur l’authenticité. Il faut se laisser prendre à Ossian comme à Homère, quoique l’un et l’autre « soient probablement des noms supposés, mis entête de ces beaux poèmes dus au génie de plusieurs hommes »; il faut « se faire illusion et croire au vieux barde écossais » quoiqu’il soit certain « que Macpherson mérite une grande part de nos éloges ».
Le légitimiste d'Hardiviller ‘ est surtout intéressé par le souvenir de Charles-Edouard, dont la destinée lui rappelle celle de Henri V, seul roi de son cœur fidèle. Chose curieuse, il ignore Walter Scott. Par contre, il est encore un peu sous le charme d’Ossian : il parle de vieilles poésies calédoniennes, d’un mauvais tableau représentant le vieil Ossian, de la grotte qui porte le nom du Barde, « antre un peu façonné » qui le laisse incrédule. Mais le Barde n’est responsable ni du tableau ni de la grotte : le voyageur trouve qu” « Ossian