Guide pilloresque du voyageur en Ecosse
ns
Mercey. Guides divers. Dousseau 859
dique l’Introduction du volume, le goût de l’Ecosse est en 1838 dû surtout au succès de Walter Scott, Ossian n’est pas encore rejeté complètement dans l’ombre par son jeune rival. Un autre ‘ enregistre la biographie traditionnelle du Barde,« génie extraordinaire, dontles œuvresdevaientimmortaliser l’Ecosse » ; il résume ses poèmes, mais il est clair que tout cela est légende pour lui ; légende nationale, adoptée par un peuple, mais légende tout de même. La première édition du guide Joanne, en 1852, est moins explicite. Il y est question des bardes et de leurs chants, du tableau ossianique dans l’Ossian's Hall du duc d’Atholl, de la Tombe d'Ossian * ; mais tout cela peut être aussi apocryphe et fabuleux que la Brèche de Roland. Son concurrent, Baedeker ÿ, ne fait que mentionner la grotte de Fingal à Staffa et la grotte d'Ossian dans les Hautes-Terres. Si ces deux fameuses collections avaient été entreprises vingt ans plus tôt, il est infiniment probable qu'elles eussent donné à Ossian une place importante, et cette place, il l’eût gardée à travers bien des éditions successives. Ainsi le Magasin Pittoresque, qui a été feuilleté avec tant d'intérêt par des lecteurs de tout âge au milieu et dans la seconde moitié du siècle, met sous l'invocation d’Ossian le lac de Glencoe. Ses poèmes « semblent avoir été inspirés par le spectacle de ce lieu sauvage »; et « tout y est plein de noms qu’on retrouve dans les poésies ossianiques ‘ ».
Les voyages en Ecosse deviennent de plus en plus nombreux dans la seconde moitié du siècle, mais Ossian s’y fait de plus en plus rare. Sans doute il se rencontre encore quelques fidèles pour retrouver la trace du Barde dans les lieux qu’il a chantés. Voici une de ces âmes qui ont foi en