J. Vianey, Les sources de Leconte de Lisle, p
3. Hersart de la Villemarqué, La Légende Celtique en Irlande, en Cambrie et en Brelagne, 1859, p. 95-98.
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deux buffles d'une blancheur éclatante (p. 49), la forme du nom de Temrah, le palais, résidence des Finns héroïques (p- 96). C’est probablement là aussi qu’il a pris le thème de la lamentation du vieux barde.
Mais M. Vianey, qui ne prononce pas le nom d’Ossian à propos de cette question,admet implicitement que le poète ne s’est inspiré que du livre de La Villemarqué, et ne doit rien aux poèmes ossiano-macphersoniens, Comment se faitil donc qu'il ait écarté le nom d’Ossian ou Oisin, alors que ce nom était répété à chaque instant dans le texte sur lequel il se fondait ? Qu'il l’ait remplacé par celui de Murdoc’h, qu'il est allé prendre ailleurs ? C’est très certainement une suppression volontaire. Ossian est suspect : les procédés de Macpherson ont été plus ou moins percés à jour ; et Leconte de Lisle ne veut admettre qu'une antiquité authentique: Ossian est démodé et presque ridicule ; son nom dans le recueil que le poète élabore ferait un effet de déjà vu et de dessus de pendule. Gardons la légende, qui est belle, et effaçons systématiquement le nom d’Ossian. Comment se fait-il d'autre part que certains passages de ce poème portent une marque évidente de l’influence plus ou moins directe des poèmes ossianiques ? Nos contemporains les plus lettrés ne lisent plus les chants du Barde ; ils ne les connaissent la plupart du temps que par ouiï-dire et très vaguement, comme il est aisé de s’en assurer par les conversations qu’on peut avoir au cours de la préparation d’un travail comme celui-ci : rien d’étonnant si les marques de l'influence ossianique leur échappent, tandis qu’elles frappent l'œil de celui qu’un long commerce a rendu familier avec l’Ossian de Macpherson ou de Smith. Leconte de Lisle était, nous dit M. Vianey lui-même !, grand amateur de Walter Scott et de l’Ecosse : il est au moins vraisemblable qu’au temps de sa jeunesse, à Rennes ou à Paris, dans les milieux lettrés ou poétiques qu'il fréquentait, il a connu, il a lu Ossian. Lacaussade, son compatriote, l'avait traduit avec enthousiasme, et avec une exactitude qui dut plaire à l’auteur des Poèmes Barbares. Enfin, si Leconte de Lisle a connu la Légende Celtique de La Villemarqué, qui est