Poèmes Barbares, 1862 : Le Massacre de Mona
2. À. Baudouin, Chant du Nord, dans Staaff, La Littérature française. III, 607 (1869-1870).
Derniers poèmes ossianiques 871
Ce disciple attardé est du moins raisonnable. En voici un qui ne l’est guère. Les titres seuls de Jacques Fernand ont quelque chose d’inquiétant. Le chant IV de ses Consolations poétiques à pour sommaire : Les nuages ! Formes et aspects divers! Ossian! Les Messagers du cœur ! Mirages ! (l’auteur fait un emploi excessif du point d’exclamation). Le S II est consacré au Barde :
O sublime Ossian! tes héros vaporeux, Redoutables guerriers, ou charmants amoureux, Apparaissent debout, au milieu des nuages, Sombres et menaçants comme les noirs orages!
Et pendant dix-huit vers le poète dépeint les occupations de ces héros; il finit par évoquer la « haute stature » de Fingal, que le « chant solennel » de son fils a rendu « populaire, immortel ».
Deux poèmes de circonstance rappellent encore. Ossian. L’un ne contient qu’une réminiscence générale, et son celtisme n’est pas purement ossianique * ; les idées, les images et, autant qu'on peut deviner la mélodie des paroles bretonnes, la poésie, en ont beaucoup de charme. L'autre est tout à fait sous la dépendance du Barde *; c'est une ample machine lyrique de 200 vers, où rien ne rappelle la reine d'Angleterre à laquelle le poème est adressé, où rien n'est d’actualité. C'est évidemment l’épanchement d’un esprit poétique plein de la lecture d’Ossian, qu'il connaît, par la traduction Christian. Comme dans les poèmes, c’est Ossian lui-même qui chante ; parmi un grand nombre de noms ossianiques, Malvina, Comala, Agandecca, Vinvéla, Oscar, Trenmor,et parmi les inévitables météores, s’expriment quelques pensées philosophiques, empreintes de la pure mélancolie propre aux chants du Barde.
A la même époque, Ossian faisait les honneurs des cantates du prix de Rome. L’auteur du poème que lInstitut
1. Œuvres de Jacques Fernand... Tome V,1873 («envoyé à l'éditeur en ° 4871 »), p. 288.
2. Quellien, Bardit lu sur la tombe de Brizeux..., 9 septembre 1888.