‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 454 sur 512 · Alph. Calligé, Ossian, ode · texte numérisé non relu

Alph. Calligé, Ossian, ode

proposait aux candidats avait choisi Fingal pour son héros*. M. Hillemacher, qui obtint le premier grand prix, et M. Marty, qui obtint le second grand prix, tous deux élèves de Massenet, s’inspirèrent donc de cette cantate à trois personnages. C’est à peu près le sujet du poème de Comala (que, je ne sais pourquoi, l’auteur écrit Comalha). Comala croit avoir perdu son amant Fingal dont le traitre Hidallan lui annonce faussement la mort, et meurt de joie en le retrouvant. La poésie est fort ossianique, et le paysage est même assez poussé :

L'ombre tombant des monts s'étend sur les bruyères ; De tremblantes lueurs errent dans les clairières ; La première étoile luit..

Et partout Tremmor, le Carron, les spectres de Zodas (pour la rime) :

Les fantômes hagards, sur le bord des nuages, Avancent leurs pâles visages...

Et des harpes, et des bardes, et Morven, et Selma, et l'apostrophe inévitable :

Déchaînez-vous, vents de l’automne, Eclatez, orages amassés .

Il y a dans cette reprise d’un thème qu’on aurait cru ou-

blié quelque habileté harmonieuse.

Nous avons déjà écouté le Werther de Massenet. Le Fervaal de M. Vincent d’Indy ? semble répéter à distance un écho de certains thèmes ossianiques qui lui ont peut-être été transmis par la Velléda de Chateaubriand. Son Arfagard, le dernier des druides, représente une civilisation et des croyances qui meurent ; il a ses bardes, et il règne dans l’œuvre un ton celtique qui relève de l’ossianisme. Rien d’analogue dans la Ve/léda de M. Lenepveu *, vaguement gauloise, et très peu colorée.

1. Ch. Daroours, Fingal, poème dramatique, 1880. 2. Fervaal, action musicale, paroles et musique de Vincent d’Indy, 1895. 3. Lenepveu, Velléda, opéra (paroles de Challemel et Chantepie), 1888.

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