‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 457 sur 512 · Ib., p · texte numérisé non relu

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nom. Mais la grande différence, c’est que Renan, à de certains jours, obéit à un besoin tout nouveau d'information et de critique. L’esprit du siècle a traversé les murs du séminaire, et son propre génie l’incline à l’investigation historique. [1 se pose la question de l’authenticité en des termes sur lesquels nous allons revenir :« Pour admirer il faut savoir si ceci est expressif du vrai, et pour cela il faut savoir de qui c’est !.» Ses lectures ossianiques ne se bornent pas d’ailleurs au recueil de Macpherson complété peut-être par celui de Smith : car il cite la conversation du Barde avec saint Patrice *. Comment a-t-il connu cette légende ? Ni l’Ir/ande de O’Sullivan ni la Légende Celtique de La Villemarqué n’avaient encore paru. Renan pouvait lire une version de cet Entretien soit dans des textes anglais (mais comment se les serait-il procurés,et lisait-il alors cette langue ?) soit dans la Décade,où Labaume l'avait traduit (mais la Décade philosophique avait-elle pénétré dans le séminaire?)

Quelques années plustard,Renan mettait encoreles «chants héroïques de l’Ecosse » à côté de ceux des Scandinaves, des Niebelungen et d'Homère *, mais ici il suivait Fauriel. Surtout Ossian lui sert d'exemple pour avancer un paradoxe bien connu sur la vraie admiration littéraire, qui ne peut être qu'historique. « Si les chants ossianiques de Macpherson étaient authentiques, il faudrait les placer à côté d'Homère. Du moment qu’il est constaté qu’ils sont d’un poète du xvin° siècle, ils n’ont plus qu’une valeur très médiocre“. » Ce n’est pas le seul paradoxe que contiennent ces pages d’esthétique, écrites avec tant de hardiesse et de verve, bouillonnantes de jeunesse et de sève, mais un peu aventureuses parfois. Ce n’est pas ici le lieu de discuter à fond cette théorie, qui refuse à l’œuvre d’art toute autre valeur que celle de document : le sujet est immense, et la seule bibliographie des livres ou des articles qui l’ont examiné présenterait déjà d’intimidantes proportions. Je me borne à remarquer que la thèse du jeune Renan est directement opposée à celle que nous avons rencontrée sous la plume de certains critiques

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