‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 56 sur 512 · Correspondance de Grimm, IV · texte numérisé non relu

Correspondance de Grimm, IV

Diderot et Grimm 135

mois ; mais les renseignements de Grimm étaient peut-être vieux de quelques jours. En tout cas, le projet dont il parle n’a pas été mis à exécution. Le recueil des Fragments n’a Jamais été traduit en français dans son ensemble, ni par Suard ni par personne. Il y a une bonne raison à cela : dès. que Fingal a paru, l'on s’est aperçu que la plupart des premiers fragments figuraient à nouveau dans quelqu'un des poèmes qui composaient le volume, sous forme d’épisodes ou d’intermèdes chantés par les bardes.

Avant que Fingal fût arrivé d'Angleterre, en tout cas avant que les lecteurs français fussent invités à juger de ses mérites, on paraît l’avoir attendu avec une certaine impatience. Grimm : institue un parallèle entre Pisistrate faisant établir le texte d’Homère, et Macpherson recueillant les poèmes d’Ossian ; surtout ce Fingal « dont le caractère du moins sera très précieux aux critiques et aux gens de goût, quelque puisse être son mérite d’ailleurs ». D’après le Journal Etranger, il remarque l’absence totale de religion dans la poésie ossianique comme « singulière », alors que « la plupart de ces morceaux poétiques sont des chants funèbres ». Il ne fait d’ailleurs que répéter Suard, lorsqu'il constate le caractère « simple et antique » des montagnards écossais, leurs mœurs « belles et touchantes comme celles de tous les anciens peuples >. Même théorie sur l’essence de la poésie : « La guerre, la chasse, une vie champêtre, l’amour, la mort, une nature sauvage et rustique, voilà chez tous les peuples les premiers et les plus touchants objets de la poésie. » Grimm cite trois peuples pour avoir possédé cette poésie vraiment primitive : « les Grecs, les Scandinaves, et les anciens Erses ou Ecossais ». Homère au lieu de la Bible, les deux autres inchangés. Voilà comment Ossian sert à voir plus clair dans les sympathies ou les préférences littéraires.

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