‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 7 sur 512 · Stern, p · texte numérisé non relu

Stern, p

lenom d’Ossian, le souvenir des exploits de ses compagnons, les principaux thènids de là ere qui se forme autour de son nom.

L’ensemble des A à littéraires, aujourd’hui conservés, qui se rattachent au nom d’Ossian, est fort considérable, et en grande partie fort ancien. Quant à la masse, M. Nutt estime que tous ces textes, s'ils étaient imprimés, rempliraient huit à dix mille pages in-8. Douglas Hyde avance le chiffre de 80.000 vers, et James Keegan, celui de 100.000. Standish Hayes O’Grady comptait seulement trente-cinq poèmes différents ‘. C’est que, on le devine, les répétitions, les doubles emplois, abondent dans cette vaste matière épique. Quant à l'antiquité, M. Nutt recule bien plus que D’Arbois de Jubainville la date de composition de certains poèmes, et en attribue plusieurs au vin et au ix* siècle. Malgré le grand espace de temps qui sépare ces récits les uns des autres, malgré leur différence de forme extérieure, les uns étant en vers et les autres en prose, malgré les pays différents où ils ont pris naissance, les! critiques sont unanimes à leur reconnaître une remarquable ressemblance de sujets, de ton et de style. On peut classer ces textes chronologiquement. Un premier groupe est constitué par les manuscrits du xu° siècle ou antérieurs à cette époque ; ils racontent des légendes en grande partie plus anciennes, et, quoique peu nombreux, contiennent les

faits, les thèmes, les sentiments essentiels de toute la tra-

dition ossianique. Un second groupe est formé par les manuscrits des x1v° et xv° siècles ; le troisièmeest constitué par les manuscrits plus récents, qui descendent jusqu’au xvir° siècle.

Les plus anciens de ces textes sont naturellement les plus intéressants. La Bodléienne, à Oxford, en possède qui remontent au xu° siècle*. À la Bibliothèque de l’Académie Royale d'Irlande se trouve le Leabhar ou Lebor na hvidre (Livre de la Vache brune ‘), écrit vers 11004, et dont

. Douglas Hyde, p. 498.

. D’Arbois, Catalogue de la Littérature épique de Irlande, p. XX VII. . Grise foncé, selon Stern, p. 73.

. Windisch, Légende irlandaise el poésies ossianiques (Revue Celtique, 1881), p. 82.

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certains morceaux remontent peut-être au vin‘ siècle, mais peu riche en motifs ossianiques ‘. Le Livre de Leinster a été écrit avant 1160 ; il contient trois poèmes attribués à Ossian, et cinq attribués à Finn. Le Livre jaune de Lecan, de 1391 *, est un choix de pièces anciennes où se trouvent le combat du père et du fils ?, sur lequel nous reviendrons, et le mariage de Finn avec Graïnné (Graïna), fille de Cormac‘. Le plus important de ces textes épiques anciens, le Vol des Vaches de Cualgne, véritable Iliade en prose irlandaise, dont Cuchullin est l’Achille 5, et que l’on peut situer entre 1100 et 1150, contient un refrain ossianique en vers. Un manuscrit du xu° siècle raconte la bataille de Gabhair ou Gaura où périrent le roi Caïrpré (Caïrbar) et Oscar, fils d’Ossian. Ce texte contient neuf strophes dont trois de refrain. On lit en tête : Ossin cecinit ". D’Arbois de Jubainville a fait un recensement extrêmement diligent des manuscrits épiques en langue gaélique disséminés dans les dépôts de toute l’Europe ‘. En étudiant cette liste et les sommaires qui la complètent, on relève 141 numéros de poèmes ou morceaux se rapportant au cycle ossianique, tandis que 407 se rattachent au cycle de Conchobar et Cuchullin. Les plus importants recueils de textes ossianiques sont irlandais. On cite le Livre de Ballymote, de 1390, le Livre de Mac-Firbis de Lecan *, de 1416 ; un manuscrit du xv° siècle où se trouve « la plus ancienne relation de la bataille de Ventry, où Finn... aurait vaincu les envahisseurs étrangers, et dont le récit a eu,en Irlande, au xvirr* et au xix° siècles, une grande popularité ‘’». Il ne faut pas confondre le recueil irlandais du xv° siècle que l’on désigne sous le nom de Zaivre de Lismore, et qui contient une version de cet Entretien des Vieillards ‘!, sur

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