‹ Ossian en France (volume 2)Chapitre 70 sur 512 · B. Saunders, p · texte numérisé non relu

B. Saunders, p

3. Il venait d’être appelé à ce poste en 1761. 4. Journal des Savants, 1763, p. 426.

teur de la lettre est content que ce poème soit maintenant connu en Angleterre et en France ; mais il voit avec peine que des doutes se sont élevés sur l’authenticité de cette poésie. Il peut assurer les auteurs du Journal que Carthon est l'œuvre « des anciens Bardes d'Irlande » ; et il cite ses auteurs : « les deux chroniques de ce pays dites de Tara et de Casshel.… l'Histoire de Keating.…. sous le nom de Bruin- Chartuin, ce qui veut dire le Combat de Carthon ». Fingal est bien connu des Irlandais : il s’appelait de son vrai nom Fin O0’ Mac-Conel et commandait la milice du pays ; son fils Ossin est resté légendaire. Plusieurs de ses anciens poèmes peuvent encore se lire; d’autres sont récités par les villageois. D’ailleurs que veulent dire les mots erse et gaélique? Exactement la même chose qu’irlandais. La langue maternelle de Macpherson se nomme elle-même goiligg. Quant au mot erse qu’a inventé Macpherson, il n’est ni écossais, ni anglais : c’est une corruption du mot rish, irlandais. Il résulte de cette Lettre que Macpherson ne peut avoir inventé ces poèmes, qu’il les a pris, au moins en grand nombre, dans les légendes irlandaises. Comme l’auteur ne dit pas s il les a tous pris là, et surtout ne précise pas jusqu’à quel point il a suivi exactement ses modèles, le lecteur français est fondé à croire que le seul tort de Macpherson est d’avoir situé en Ecosse, sans doute par amour-propre national, ce qui est authentiquement irlandais.

Le Journal des Savants ne s’en tint pas là. Intéressé par les révélations de Terence Brady, ému peut-être par les doutes qui s’élevaient à l’Académie des Inscriptions, il crut digne du doyen des journaux savants de l’Europe de se faire éclairer particulièrement sur la question. On lisait dans le numéro de mai 1764*, après ce titre : Lettres sur les Poèmes de Macpherson, les lignes suivantes :

Le Mémoire suivant nous a élé adressé par un savant respectable, qui a des connaissances étendues dans plus d’un genre, et principalement sur ce qui concerne les antiquités d’Irlande et d'Ecosse. Nous l'avons prié de fixer nos doutes sur cette fameuse découverte de M. Macpherson, dont tant de journaux ont retenti, et dont le nôtre a déjà parlé plusieurs fois, sans

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