Gazelte Littéraire, 1° octobre 1764, p
Derniers fragments 169
dyd, des Gwolchmai, des Howel-ap-Eynion» ; il raille leurs « débuts pieux ». Il ne lui reste plus qu’à leur « opposer > deux morceaux non encore traduits, « pris sans choix » pour faire sentir la supériorité « sur tous les poètes welches » de l’auteur de Conlath et Cuthona, par exemple : « Voilà l’image fidèle du poète ai tel que nous le représente Platon. »
Le premier de ces morceaux a environ trois pages. Il est emprunté à un poème que Macpherson n’a pas utilisé dans ses recueils définitifs. Ossian y déplore la mort de Fingal. Le second est beaucoup plus important et plus connu. C’est la plainte de Colma, empruntée aux Chants de Selma. Nous retrouverons ce morceau dans Werther, qui a beaucoup fait pour le rendre populaire. Pour la première fois on entendait en France ce soupir désespéré : « Il est nuit ; et je suis seule, abandonnée sur la colline des orages... » Suard concluait par ces mots :
I serait difficile de trouver dans aucune poésie un tableau plus touchant, resserré en un aussi petit espace, et dont les mouvements fussent plus variés et plus rapides: c'est un drame entier.
C’est le dernier morceau que donne Suard et que publie la Gazette Littéraire. Aucun fragment nouveau ne fut tiré du volume qui contenait Temora et cinq autres poèmes, et qui avait paru en 1763. Il est signalé par le Journal des Savants * sans aucune appréciation. Suard n’avait exploité que le volume de Fingal, trouvant la mine assez riche. Si d’ailleurs ces traductions n’ont pas été continuées, la cause en est peut-être dans une certaine lassitude du Hublies qui aura eu raison à la longue de l’enthousiasme des rédacteurs. D'ailleurs la Gazette disparaît dès février 1766; Suard va s'occuper de la Gazette de France, et il n’existe plus d’or-