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Le Jardin Anglais, l, 9 : La Promenade au point du jour

3o8 Ossian en France

Promenade du matin., la Promenade du soir, la Nuit, la Prière de vingt ans... A cette époque d'ardentes querelles littéraires et de prétentions emphatiques, Le Tourneur paraît avoir gardé, par goût ou par prudence, une singulière discrétion. Il ne s'est fait connaître que par ses traductions et ses préfaces. Mais il a eu de fidèles amis, Sébastien Mercier notamment, qui a été vingt ans son intime, et qui a pleuré sa mort ' ; on peut supposer que, dans leurs entretiens, le fougueux iconoclaste et l'avisé traducteur échangeaient sur le beau et l'art des idées singulièrement avancées pour le règne de Louis XVI.

Nous avons déjà examiné jusqu'à quel point Le Tourneur peut être tenu pour l'auteur des Poésies Erses de 1772. Sa grande traduction d'Ossian n'est signée que de lui : mais, d'après Quérard % il aurait eu pour collaborateur David de Saint-Georges, qui devait plus tard traduire avec Labaume VOssian de Smith. L'ouvrage dut être commencé bien peu après la publication des Poésies Erses, et certainement avant celle de Temora par Saint-Simon, qui n'a pu avoir sur Le Tourneur aucune influence ; car l'approbation est du 17 novembre 1774. Quoique le privilège soit du 8 mars 1773, l'ouvrage a paru à la fin de 1776, avec la date de 1777 \ V Année Littéraire l'annonce à la fin de l'année 1776, le Mercure le 4 janvier 1777, les Affiches de Paris le 6 février, \e Journal de Paris le 16 mars seulement.

A vrai dire, une publication particulière avait déjà fait connaître quelques-uns des poèmes nouveaux qui allaient être compris dans la traduction de Le Tourneur. Le 15 février

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