‹ Ossian en FranceChapitre 147 sur 232 · L. Béclard, Sébastien Mercier, p · texte numérisé non relu

L. Béclard, Sébastien Mercier, p

2. La France billèraire, v° Le Tourneur. Je fais toutes mes réserves sur cette assertion de Quérard : il est très possible que le bibliographe ait confondu la traduction parue en 1777 avec la réimpression de 1810, qui contient aussi les poèmes traduits par David de Saint-Georges et Labaume.

3. Ossian, fils de Fingal, barde du m" siècle : Poésies Galliques, traduites sur l'anglais de M. Macpherson, par M. Le Tourneur; Paris, Musier fils, 1777, 2 vol. in-8 de lxxx-309 et 300 p.

Les fragments du Journal Anglais 3o9

1776, le Journal Anglais donnait trois morceaux d'Ossian '. Le premier, avec ce titre vague : Fragments d'un poème en langue Erse ou Celtique, étsiii le début de La Guerre d'Inisthona : « Notre jeunesse ressemble au songe d'un chasseur assis au haut d'une colline... »: une cinquantaine de lignes dont l'intérêt n'a rien de captivant. Venaient ensuite deux morceaux déjà connus, sous le titre général : Chanson de Sehna, d'abord V Apostrophe à la Lune, puis V Apostrophe au Soleil, celle-ci empruntée à Carthon, comme on le sait.

Si l'on remarque la date de cette publication qui a lieu quelques mois avant la mise en vente de VOssian de Le Tourneur, et si l'on se rappelle que celui-ci est donné pour l'un des collaborateurs de Le Fuel de Méricourt au Journal Anglais, on en conclura immédiatement que ces trois morceaux sont des extraits de sa grande traduction, que Tauteur insère ou fait insérer dans le Journal, soit pour le grossir utilement de quelques pages toutes prêtes, soit pour ramener l'attention sur Ossian et amorcer le débit de son ouvrage. Et ce qui est curieux, c'est qu'en concluant ainsi, on se tromperait complètement. On est déjà mis en défiance par l'impropriété des titres. On cherche en vain la lune dans V Apostrophe à la Lune, puisqu'il n'y est question que de l'étoile du soir. L'hymne au soleil n'est pas tiré des Chants de Selma, mais de Carthon. Enfin ce titre inexact: Chanson de Sehna, fausse le caractère du poème, en invitant à prendre Selma pour une héroïne qui lance sa chanson d'amour, une Sapho calédonienne.

La comparaison des deux traductions est encore plus décisive. Voici l'apostrophe à l'étoile du soir: on verra tout à l'heure pour quelles raisons je la choisis de préférence aux deux autres morceaux.

Star of descendmg night ! fair is thy light in the West! thou Uftesl thy unshorn head from thy cloud : thy steps are stately on thy hill.What dost thou behold in the plain?The stormy winds are laid. The murmui' of the torrent cornes from afar. Roaring waves climb the distant rock. The Aies of eveuing are on their feeble wings;the hum of their course is on the field. What dost thou behold, fair light? But thou dost smile and départ. The

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