OEuvres diverses, II (à la fin, 22 pages non uumcrolces
4o6 Ossian en France
chant 111. Cette musique doit dater du Consulat ou de l'Empire. Ce même chant est reproduit ailleurs sous le nom de Chant d Asie g a '.La i^'crtr/e, qui n'aimait plus le genre ossianique, admettait que Parny « a imité le langage des Bardes en vers heureux et touchants »,mais constatait que son poème < a partagé le sort des poésies de cette école et a passé ignoré '' ». Ce dernier mot paraît assez exact. De ce grand eiîort de Parny on a tiré une romance qui a survécu quelques années, et c'est tout.
Le poème lui-même, avec le rythme saccadé de ses décasyllabes, si propres à la parodie et si peu convenables au genre sérieux, a quelque chose de heurté et de mal venu. La trame toute classique du style, la couleur lourde, crue et violente qui est plaquée par endroits, une certaine rudesse sauvage qui est Scandinave et une mélancolie vaporeuse qui est ossianique, tout cela est mal fondu, tout cela jure et grimace. L'habile et souple Parny n'a pas connu les longs efforts d'où jaillit l'œuvre d'art, et sous sa plume rapide la fusion de tous ces éléments ne s'est pas faite '.
Au Nord Scandinave Parny a pris le scalde Egill, qui chante l'histoire des deux amants infortunés ; la plupart des noms propres, hujnfald, Ingelsé, Eric, Oldulf, Elveige, et quantité d'autres ; les lieux de l'action, Scanie, Upiande; la mythologie, Odin, le Vallialla, les Valhjries, Hella^ déesse du noir Niflheim; un détail concret, l'hydromel. Tout cela est puisé dans Mallet. Mais à Ossian Parny doit quantité d'expressions [roi de l harmonie, roi des concerts), de comparaisons, de sentiments et de situations, et surtout l'habitude d'emboîter les unes dans les autres les histoires de guerre et d'amour. L'anecdote qui fait le fond du poème est tout ossianique. Ce n'est pas à VEdda, mais à Ossian que se rattachent des vers comme ceux-ci :
Des temps passés le Scalde est la mémoire : Mais sous les ans je succombe, et ma voix Ressemble au venl qui survit à l'orage...