‹ Ossian en FranceChapitre 3 sur 232 · Ib., p · texte numérisé non relu

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5. Les premières allusions connues à des bardes celtiques se rapportent i\ l'an 120 environ avant J.-C, et se trouvent dans Posidonius (Fragm. histor. graec.,Didol, III, 261) et dans Appien (IV, 12). Diodore de Sicile nomme des Bardes (D'Arbois, I, 51 sv.).

Introduction 9

lettrée dont les druides étaient l'autre partie. Ils s'accompagnaient de la petite harpe, crotta ou rotta (irlandais cruith '), citée par Venance Fortunat au vi° siècle, et plusieurs fois mentionnée dans les poésies irlandaises ".

La poésie gaélique a été pendant de longs siècles très répandue, très abondante, et d'une valeur appréciable. Elle a diminué d'importance et de mérite pendant les trois derniers siècles; cependant, l'attachement des Celtes aux vieilles traditions, leur goût pour la poésie, la lente pénétration de l'esprit moderne dans leurs vallées reculées, le petit nombre d'ouvrages imprimés en leur langue, ont permis d'entendre jusqu'à nos jours les échos affaiblis de cette grande voix. Elle s'est réfugiée dans les Hébrides, les îles et les coins les plus reculés des Hautes-Terres \ On trouvait encore au xviir siècle des bardes de profession, attachés en général à quelque grande famille. De nos jours, l'usage écossais du ceilidh, ou veillée consacrée à répéter ou à entendre les chants des aïeux et les traditions populaires, a pu contribuer à retarder la mort des légendes épiques. On y récite des histoires, des poèmes, des ballades ; elle a lieu en général chez le conteur, et, selon sa mémoire ou son talent, on se presse, d'une manière pittoresque, pour l'entendre, ou on le déserte pour un autre barde du village *. Ces poèmes ainsi récités ont été sans doute composés originairement par des hommes instruits relativement à leur temps, et capables d'un certain effort littéraire ; mais ils sont répétés depuis des siècles par des illettrés, qui les retiennent aisément grâce à une merveilleuse mémoire, grâce aussi à leur r^^thme et à leur versification régulière '\ Dans l'île de Skye, un vieillard aveugle récitait en 18G0-1862 des histoires épiques où l'on pouvait retrouver des motifs connus par les recueils de Macpherson et de ses rivaux ".

Les morceaux épiques de cette littérature nationale, dans la mesure où l'on peut les connaître aujourd'hui ou lesrecons-

1. G Dollin, Manuel pour servir à 'élude de l'antiquité ce tique, p. 266. Sur les bardes, p. 264-267.

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