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son, je voudrais en premier lieu rassembler les données que nous fournissent les faits précédemment exposés, pour essayer d'en déduire la nature probable de son travail et l'historique de la composition de son Ossian. Puis, toujours appuyé sur l'autorité des celtisants, je tâcherai de répondre à la seconde question que font toutes les personnes qui du dehors s'intéressent à ce difficile problème : dans quel rapport VOs.sian de Macpherson est-il avec les textes authentiques? que subsiste-t-il d'original dans la « traduction » anglaise qui a été tant admirée ?

Nous avons vu Macpherson, né et élevé dans les Hautes- Terres, revenir comme maître d'école dans sa vallée natale, et se plaire à écouter les anciennes ballades gaéliques dont beaucoup certainement lui étaient familières dès l'enfance. Retenons bien qu'à cette époque il n'avait sans doute jamais lu un manuscrit en langue gaélique, même peu ancien. L'orthographe de la langue, orthographe très compliquée, très éloignée de la prononciation usuelle, et très variable ; l'écriture même un peu ancienne, tout lui rendait les textes d'un abord difficile. On ne nous dit pas s'il lisait la Bible en gaélique : c'est peu probable, puisqu'il avait toujours parlé et lu l'anglais, au moins à l'école. Les légendes ossianiques, qui devaient constituer une grande part des ballades ou contes en question, étaient donc pour lui purement orales. Il est peu probable qu'il ait dû, comme on l'a supposé ', l'idée de ses compositions au mouvement littéraire irlandais qui se produisait de son temps, et qu'il paraît avoir peu connu. Quelques noms toujours les mêmes, quelques épithètes, quelques tableaux, quelques thèmes familiers, voilà ce qui devait se lever dans son souvenir au seul nom d'Ossian, avec, peut-être, quelques strophes qui se seraient fixées dans sa mémoire. On nous dit qu'il avait, dès son deuxième séjour à Ruthven, noté quelques ballades, qui lui auraient servi pour établir le premier fragment montré à John Home en octobre 1759. Il est certain que dans ses entretiens avec Home, il évoquait, il citait sans doute, il lisait peut-être des morceaux de poésie ossianicjue qui lui paraissaient remarquables par leur accent poétique.

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