FIN DU POEME D OITHONA
SUJET
Malvitc a pleure la mort d'Oscar, son amant. Ossian l'entend; et, pour charmer ses ennuis, il lui raconte l'expédition qu'il a faite contre Rothmar, à Croma , petit canton de l'Irlande- Crothar, roi de Croma, était vieux et aveugle. Fovar-Gormo, «on fils , était trop jeune pour porter les armes. Rothmar crut que Toc . casion était favorable pour s'emparer de Croma, et joindre ce petit royaume à ses états. Crothar, effrayé de l'entreprise de Rothmar, envoya demander du secours à Fingal , roi d'Ecosse. Fingal fit partir aussitôt son fils Ossian pour Croma ; mais ayant l'arrivée d'Ossian, Fovar-Gormo, malgré sa jeunesse, ose attaquer Rothmar. Il perd la vie dans le combat , et voit , en mourant, la déroute entière de son armée. Ossian arrive , recommence la guerre , combat Rothmar, le tue t délivre Croma de tous ses ennemis , et retourne en Ecosse.
CROMA,
POEME
MALYINA.
Oui, c'était la voix de mon amant! Rarement son ombre vient me visiter dans mes songes. Ouvrez vos palais aériens, pères du puissant Toscar (i). Ouvrez leurs portes de nuages ; Malvina est prête à vous rejoindre. Une voix me Fa annoncé dans mon sommeil ; et je sens que mon ame est prête à prendre son vol. O vents, pourquoi avez-vous quitté les flots du lac ? Vos ailes ont agité la cime de ces arbres, et le bruit a fait évanouir la vision. Mais Malvina a vu son amant; sa robe aérienne flottait sur les vents ; ce rayon de soleil en dorait les franges : elles brillaient comme l'or de l'étranger* Oui, c'était la voix de mon amant : rarement son ombre vient me visiter dans mes songes !
Fils d'Ossian, cher Oscar, tu vis dans le cœur de Malvina : mes soupirs se lèvent avec l'aurore , et mes larmes descendent avec la rosée de la nuit. Cher amant, je fleurissais en ta présence comme un jeune arbrisseau ; mais
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ta mort, comme un vent brûlant, est venu flétrir ma jeunesse. Ma tête s est penchée : le printemps est revenu avec ses rosées bienfaisantes et ne m'a point .fait refleurir. Mes jeunes compagnes me voyaient dans un morne silence au milieu de ma demeure : elles touchaient la harpe pour rappeler la joie dans mon âme ; mais les larmes coulaient toujours sur les joues de Malvina : elles voyaient ma tristesse profonde, et elles me disaient: « Pourquoi es-tu si obstinée dans ta douleur,' toi la première des belles de Lutha? Ton: amant était donc à tes yeux aimable et beau comme le premier rayon du matin,
OSSIAN
O ma fille, ta voix charme mon oreille : tu as, sans doute, entendu dans tes songes les chanté des bardés décédés , lorsque le sommeil descendait sur tes yeux au doux murmure du Morut : tu as entendu leurs concerts» dans un beau jour au retour de la; chasse , et tu répètes leurs chants mélodieux. Tes ac/ cens , ô Malvina, sont doux j mais ils attristent l'âme : il est un charme dans la tristesse ; lorsqu'elle est douce, et fcpie le cœur est en paix; mais le chagrin, ô Malvina*, consume l'homme, et ses jours s écoulent bientôt dans
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les larmes : il tombe comme la fleur que la nuit a couverte de rosée , et que le soleil du midi vient brûler de ses rayons. Ma fille t prête l'oreille aux chants d' Ossian; il se rappelé les jours heureux de sa jeunesse. *
Fingal m ordonna de déployer mes voiles. J'obéis : j?arrive et j'entre dans la baie de Ci orna, dans le riant pays d'Inisfail. On voit s'élever sur la càte les tours antiques du palais de Crothar. Ce héros combattit avec gloire dans sa jeunesse ; mais alors les années accablaient ce guerrier. Rothmar l'assiégeait dans son palais. Fingal brûlant de rage en* voya son fils Ossian secourir le compagnon de sa jeunesse, et combattre Rothmar. Je députe un barde , qui me devance : j'arrive ensuite au palais de Crothar. Je trouve le vieillard assis au milieu des armes de ses pères. Ses yeux ne voyaient plus ; ses cheveux blancs volaient autour du bâton sur lequel U appuyait son corps chancelant II murmurait tout bas les chants des siècles passés : le bruit de. nos armes frappa son oreille; il se lève avec effort, étend sa main tremblante* me touche et bénit le fils de Fingal. « Ossian, me dit-il, mes forces sont évanouies. Que ne puis-je lever cette épée , comme le jour où je combattais près de ton pèrç à.Strutha? Ton