MIN VANE
POEME
Min va ne triste, le visage enflammé, se penchait du haut du rocher de Morven, sur la vaste étendue des mers. Elle vit nos jeunes guerriers s'avancer, couverts de leurs armes brillantes : « Où es tu Ryno, où es-tu » ?
Nos regards, tristes et baissés, lui disaient que Ryno n était plus, que l'ombre de son amant s'était envolée dans les nuages, qu'on entendait sa faible voix murmurer avec lé zéphir dans le gazon des collines.
« Quoi ! le fils de Fingal est tombé dans les vertes plaines d'UUin ! Le bras qui Fa terrassé était donc bien puissant ! Et moi , hélas ! je reste seule. Non, je ne resterai pas seule, ô vents qui soulevez ma noire chevelure, je ne mêlerai pas long-temps mes soupirs à vos sifflemens. Il faut que je dorme à côté de moa cher Ryno. Cher amant, je ne te vois plus revenir de la chasse, avec les grâces de la jeunesse» 1/ ombre de la nuit environne l'amant de Minvane, et le silence habite avec Ryno.
Où sont tes dogues fidèles ? Où e6t ton
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arc? Ton bouclier impénétrable ? Ton épée semblable ah feu du ciel? Ta lance toujours ensanglantée.
Hélas ! j'aperçois tes armes entassées dans ton vaisseau. Je les vois couvertes de sang: on ne les a donc pas placées près de toi dans ta sombre demeure, ô mon cher Ryno?
Quand la voix de l'aurore viendra-t-elle te dire : Lève ~ toi, jeune guerrier, les chasseurs sont déjà dans la plaine; le cerf est près de ta demeure? Retire -toi, belle aurore, retiretoi , Ryno dort : il n'entend plus ta voix; les ^erfs bondissent sur sa tombe. La mort environne 1e jeune Ryno ; mais je marcherai sans bruit, A mon héros, et je me glisserai doucement dans le lit où tu reposes. Minvane se couchera en silence à côté de son cher Ryno : mes jeunes compagnes me chercheront ; mais elles ne me trouveront point : elles suivront, en chantant, la trace de mes pas; mais je n'entendrai plus vos chants, ô mes compagnes : je m'endors auprès de Ryno.