PREMIER BARDE
A nuit est triste et sombre , les nuages reposent amoncelés sur les collines,: la lune ne paraît point dans les deux : pas une étoile qui brille» J'entends le bruit sourd et confus des vents dans la forêt lointaine : le torrent murmure tristement au fond du vallon : lîa chouette glapissante crie au haut de l'arbre qui est auprès de la tombe des morts. J'aperçois un fantôme dans la plaine ; c'est l'ombre d'un guerrier qui n est plus. Elle se dissipe : elle s'est évanouie. On portera par ce chemin quelqu'un dans la tqmfcç : ce fantôme lui a tracé sa route *
1 Ce poème n'est point d'Ossian , îl a même ete compose' plus de mille ans après lui ; mais comme l'auteur de cette pièce a beaucoup de la manière du barde écossais, nous croyons faire plaisir à nos lecteur* en la joignant ici,
J'entends un chien aboyer dans une cabane éloignée ; le cerf est couché sur la mousse de la montagne ; sa biche repose à ses cotés: elle a entendu le vent résonner dans son bois, je la vois qui se dresse avec effroi : elle se rassure et se couche sur la bruyère. Le chevreuil dort dans le creux d'un rocher, la tête du coq de bruyère est cachée sous son aile. Nul animal , nul oiseau dans là plaine^ que le renard et la chouette. L'une est perchée sur un arbre sans feuilles , l'autre paraît dans un nuage sur la cime du côteàu.
Le voyageur triste, haletant, tremblant dans les ténèbres a perdu sa route : il avance âu travers des épines et des buissons, et suit avec inquiétude le gazouillement du ruisseau : il crafart les rochers et les marécages : il redoute les fantômes de la nuit. Le vieux arbre gémit sous l'effort des vents : la branche tombe , retentit sur la terre , et le vent chasse devant lui sur le gazon les glouterons flétris et enchaînés ensemble : il croit entendre les pas légers d'un fantôme : il frissonne dans l'obscurité.
La auit est sombre , nébuleuse , orageuse : les vents , les fantômes, les morts sont dans la plaine : mes amis, recevez-moi, sauvezmoi de la nuit.
du mois d'octobbe. a35