CARRIL
«Alcléta, mère vénérable de Calmar, pourquoi tes regards se tournent-ils sans cesse vers le désert? Tu attends le retour de ton fils. Ce ne sont pas ses guerriers que tu découvres sur la colline : ce n'est qu'un bocage lointain. Ce n est pas la voix de Calmar que tu entends : Alcléta, c'e^t le rugissement du vent de la montagne ».
ALCLETA.
« Qui franchit ainsi le torrent de Larà, sœur de l'illustre Calmar ; Alcléta n'aperçoitelle pas la lance de son fils.... ? Mais la vieillesse affaiblit ma vue, regarde ma chère
DE CUCHULLIN.
Alona , n'est-ce pas le fils de Matha que j'aperçois » ?
« Non , ce n'est qu'un vieux chêne , répondit en pleurant l'aimable Alona; Alcléta, c'est un chêne penché sur le torrent de Lara : mais quel est celui qui s avance dans la plaine ; sa démarche précipitée annonce le malheur ; il porte la lance de Calmar ; ô ma mère ! elle est couverte de sang ».
ALCLETA.
« C'est le sang de l'ennemi ; ni la lance, ni lare de mon fils ne revinrent jamais du combat sans être sanglans ; les armées disparaissent devant lui : c'est un feu dévorant. Jeune homme (5), où est le fils d' Alcléta ? Revientil triomphant au milieu de ses boucliers retentissans? Tu parais triste, tu gardes le silence ; ah! Calmar n'est plus. Arrête guerrier, ne me dis point comment il a péri ; je ne pourrais entendre parler de sa blessure ».