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était entre les deux ailes de l'armée de Caïrbar; ainsi les fil» dUsnoth ne pouvaient pas échapper à leurs ennemis.
(i5) Semo e'tait grand-père de Nathos, du côte' de sa mère -, la lance , dont il est ici question , avait été donnée à Usnoth en mariage ; c'était l'usage que le beau-père donnât ses armes à son gendre.
(f4) Ossian est souvent appelé dans les anciennes poésies des bardes le chanteur, la voix, la douce voix de Cona.
(15) Par les gémissemens du fantôme de la monta* gne , Ossian entend le bruit sourd qui précède la tempête, et qui est bien connu de ceux qui habitent les montagnes.
(16) Il fait allusion à la fuite de Caîrbar, lorsque Nathos vint a Selama.
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CATHLIN
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SUJET
Lb poète raconte à Malvina l'arrivée de Cathlin à Selma , pour demander du secours à Fingal contre Ducarmor, roi de Clubu. Ce dernier avait tné Cathmol , roi de Clutha , pour enlever sa fille
rent chacun sur leur colline , pour recevoir dans leurs songes les avis de leurs aïeux. L'ombre de Trenmor apparaît à Ossian et à son fils Oscar. Bs partent 'de bate 6è> Cormtm* , et arrivent le quatrième jour sur là cote de Kathcol, vatlèe «Tïnishuna, où Ducarmor avait fixé son séjour. Ossian dépêche un barde à Ducarmor, pour lui demander la botaiHc. La nuit vient; Ossian donne le commandement de l'armée a Oscar 9 qui (suivant la coutume des rois de Morven 9 avant le combat ) se retire sur une colline voisine. Au point du jour l'action commence ; Oscar et Ducarmor combattent : Ducarmor est tué. Oscar apporte la cotte d'armes et le bouclier de Ducarmor à Cathlin , qui s'était éloigné du champ de bataille. On découvre que Cathlin est Lanul, fille de Cathmol , qui avait été enlevée par Ducarmor, et avait trouvé le secret de s'échapper des mains de son ravisseur.
Lanul. Tous les de cette expédi
rvrnxlemantlaieut le commandement ne «eut point prononcer. Us se reti-
CATHLIN
DE CLUTHA,
POEME
Approche, 6 Malvina, tu veilles solitaire au milieu de la nuit; les vents rugissent au* tour de toi. Les morts tracent sur mes cent torrens dés sillons enflammés. Us se réjouis- > sent au milieu des tourbillons, et troublent seuls le calme des ténèbres. O toi, dont la main blanche touchait les harpes de Lutha, essaie encore de me consoler par tes chants. Réveille tes cordes endormies, chante, ô Malvina. Rallume mon génie , dont les années ont éteint la flamme. Je t'entends, ô Malvina, dans l'obscurité de la nuit. Pourquoi m'as-tu privé de la douceur de tes chants? Quand le ruisseau tombe de la colline obscurcie par Forage , et qu'il roule ses flots à la clarté renaissante du soleil , le chasseur écoute avec plaisir leur doux murmure, en secouant sa chevelure humide. Ainsi ta voix, ô Malvina, charme l'ami des héros décédés. Ma poitrine s'enfle et s élève : mon cœur palpite. Le passé
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se retrace à ma vue. Viens, ô Malvina, cesse d'errer seule au milieu de la nuit.
Un jour, nous vîmes entrer un vaisseau dans la baie de Carmona (i). Du haut du mât pendait un bouclier brisé et couvert de sang ; un jeune guerrier s avance, tenant à sa main une lance sans pointe: Ses cheveux en désordre tombaient sur son front, et cachaient à demi ses yeux mouillés de larmes. Fingal lui présente aussitôt la coupe de la fête. L'étranger lui dit :
«Le souverain de Clutha, Cathmol, est étendu sans vie dans son palais. La beauté de Lanul, son aimable fille , a frappé les yeux de Ducarmor. Le barbare a percé le flanc de Cathmol. J'errais alors dans le désert. Le meurtrier s est enfui pendant la nuit. O Fingal, aide Cathlin à venger son père. Je ne t'ai pas cherché long-temps. Tu n es point un faible rayon de lumière perdu dans les nuages. Tu es connu dans l'univers comme le soleil ».
Un regard de Fingal nous fait tous voler aux armes. Mais à qui appartiendra l'honneur de combattre? Nous le réclamons tous/ La nuit descendit sur Selma, chacun se retira sur la colline que fréquentaient les ombres de ses aïeux, afin qu'elles vinssent nous vi-
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siter dans nos songes et désigner ceux qui devaient combattre.
Nous fîmes retentir sur nos boucliers le signal de la mort, et nos chants s'élevèrent dans les airs. Nous appelâmes trois fois les ombres de nos pères ; nous nous couchâmes sur la bruyère, et les songes descendirent sur nous. L'ombre majestueuse de Trenmor se présente à ma vue. Ses guerriers rangés derrière lui, se confondaient avec les nuages ; ils semblaient combattre encore ; mais je distinguais à peine leurs mouvemens et leurs attitudes menaçantes. Je prêtai l'oreille : je n'entendis aucun bruit ; ce n'étaient que des formes légères et fantastiques.
Je m'éveillai de mon songe au bruit d'une bouffée de vent qui agita ma chevelure. L'ombre fit gémir en partant le chêne voisin : je pris mon bouclier que j'avais suspendu à une branche. J'entendis le cliquetis de l'acier. C'était Oscar qui s'avançait vers moi. Il avait vu aussi les ombres de ses pères.
« Ossian, me dit-il, comme l'ouragan fond sur le sein des vagues blanchissantes , ainsi je traverserai sans crainte les plaines de l'Océan pour aller à l'ennemi. Mon père, j'ai vu les ombres de nos aïeux. Mon cœur palpite : ma >gloire brille à mes yeux dans l'a-
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yenu\ çorame un trait lumineux sur la nue , quand le soleil , ce voyageur enflammé des deux, s avance dans tout son éclat ».
« Digne petit-fils de Branno , répondis-je * Oscar ne marchera pas seul à l'ennemi, je vole avec toi sur l'Océan, et vais assiéger Ducarmor dans sa demeure. Combattons f mon fils, comme deux aigles, qui du sommet d'un rocher étendant leurs larges ailes, s'élancent et volent contre les vents » . Nos voiles sont déployées : nous partons de la baie de Carmona : mes guerriers , voguant sur trois vaisseaux, voyaient l'ombre demon bouclier noircir les flots, tandis que j'observais l'étoile de Tonthena qui montrait sa lumière rougeâtre entre les nuages.
Les vents favorables soufflèrent pendant quatre jours. Nous aperçûmes Hunon au milieu des brumes. Ses cents forêts étaient agitées par les vents; les rayons du soleil doraient par intervalles ses flancs noirâtres, et les torrens écumaient sur ses rochers.
Entre les collines serpente un vallon silencieux ; un ruisseau bleuâtre en baigne la verdure. C'est là qu'au milieu des chênes au feuillage ondoyant s élevait la demeure des rois. Mais depuis plusieurs années le silence règne dans Rathcol, et la race des héros a
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disparu de cette vallée agréable : les flots y avaient poussé Ducarmor et son armée. Tonthena avait caché sa tête dans les deux. Ducarmor avait plié ses voiles, et s'était arrêté sur les collines 4e Rathcol. Il poursuivait le chevreuil de la naontagne. Nous arrivons. Je députe un barde pour l'inviter au cotnbat. I>ucarmor le reçut avec joie. Une colonne de feu, mêlée de fumée qui s'élève dans la nuit du sein de l'incendie , est l'image de son ame féroce et belliqueuse : il avait la force d!un héros , mais ses actions étaient barbares.
La nuit vint avec tous ses nuages. Nous nous assîmes auprès dtan chêne embrasé.
Cathlin était débout à quelque distance de nous; je voyais les différentes passions qui agitaient son ame ; elles se peignaient suc^ cessivement sur son visage , comme on voit l'ombre inconstante voler sur la prairie ; ses cheveux qui flottaient au gré des vents rcle^ vaient l'éclat de sa beauté. Je ne voulus point par mes paroles interrompre le cours de ses pensées. Je fis apporter ma harpe et je chantai.
«Mon fils, dis-je à Oscar, retire-toi secrètement cette nuit sur la colline, et frappe ton bouclier à l'exemple des rois de Morven. Au
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lever de l'aurore , tu conduiras mon armée au combat. Assis sur le rocher, je te verrai marcher à l'ennemi, terrible comme les ombres au milieu des tempêtes qu'elles excitent dans les airs.
Pourquoi plongcrais-je mes regards dans la nuit de ces temps reculés, où les chants des bardes n'avaient pas encore commencé? Les siècles plus voisins de nous sont marqués d'illustres actions. Arrêtons nos yeux sur Trenmor, comme le nautonnier sur Tonthena, dont la lumière guide sa route nocturne sur les flots.
Les nombreuses tribus deCarmal, comme une mer en courroux, inondaient la plaine retentissante de Caracha : Semblables à une longue chaîne de flots blanchis d'écume s'avançaient les bardes en cheveux blancs ; le feu de leurs regards enflammait le cœur des guerriers. Au milieu de ces habitans solitaires des rochers, on voyait un enfant de Loda, dont la voix évoquait du haut des airs les ombres formidables. Il demeurait sur une colline de Loclin, dans l'épaisseur d'un bois dépouillé de son feuillage. Près de sa demeure s'élevaient cinq roches escarpées. Un torrent bouillonnant grondait à l'entour. Souvent quand les ailes enflammées des météores
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traçaient des sillons lumineux dans la nuit, et que la lune abaissait son disque obscurci derrière la colline, il élevait sa voix puissante. Les esprits l'entendaient, ils volaient à ses ordres et changeaient à son gré le sort des batailles; mais ils ne détournèrent pasTrenmor du combat. Trenmor s'avance dans les champs tumultueux de la guerre. Trathal y brille comme un astre qui paraît à l'horizon. Les ténèbres couvraient la terre. L'enfant de Loda déploya dans la nuit toutes les ressources de son art. Mais, enfant de Loda t ils ne sont pas faibles les guerriers qui sont devant toi.
Alors Trenmor, et Trathal son fils , se dis* putèrent l'honneur de commander l'armée, mais leur dispute était douce comme la joute de deux zéphirs qui, dans les ardeurs de l'été, agitent ensemble leurs ailes légères sur la surface d'un lac. Trenmor, déjà couvert de gloire, céda le commandement à son fils. Trathal s'avance , sous les yeux de son père ^ et l'ennemi disparait dans les plaines de Caracha; mon fils, chaque moment du passé est marqué par les exploits des héros (2).
Déjà le jour se levait au milieu des nuages de l'orient. L'ennemi s'avance , 1^ combat
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s'engage dans le vallon de Rathcol. Oscar et Ducarmor se rencontrent auprès d'un chêne : ils combattent : les éclairs éblouissans qui partent de leurs armes les dérobent à notre vue : ainsi, quand deux météores se heurtent la nuit dans un vallon, une lumière rougeâtre se répand alentour, et les hommes effrayés prévoient la tempête. Ducarmor tombe dans son sang : le fils d'Ossian triomphe. O Malvina> que ton amant était redoutable dans les combats !
Cathlin s était éloigné du champ de bataille. Ce jeune étranger s'était retiré sur les bords solitaires du torrent de Rathcol, vers l'endroit où l'écume bouillonne autour d'un amas de pierres revêtues de mousse. Un bouleau touffu se penche sur le torrent et jète ses feuilles aux vents. De temps en temps Cathlin pensif touchait la surface de l'oqde avec la pointe de sa lance. Oscar arrive tenant à sa main la cotte d'armes de Ducarmor et son casque orné de plumes d'aigle. Il les dépose aux pieds du jeune étranger : « Les ennemis de ton père sont domptés , ils sont dans le séjour des ombres. Nous retournons triomphans à Morven. Mais pourquoi cette tristesse, chef de Clutha? As-tu sujet de répandre des larmes? — Fils d'Ossian, mon
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ame se déchire ; je vois les armes de Cathmol, tes nmw8 que wwn père portait <taf§ les combats. Prends la cotte d'armes de CatHin, suspends -la aux murs de Selma, afin qu elle te rappèle le souvenir de mes malheurs ». À ces mots sa cotte d'armes , th & détachant, découvre un sein d albâtre. C'était la fille de Cathmol, ce rejeton de tant de rois. Ducarmor la vit briller dans le palais de son père ; il vhtt dans la nuit assiéger Chitha ; Cathmol le combattit, mais ce héros succomba. L ennemi resta trois jours avec la fille de Cathmol ; le quatrième , elle s'enfuit déguisée en jeune guerrier. Elle se souvint qu'elle était de la race des rois, et son cœur respira la vengeance.
Fille de Toscar, «pewquoi te raconter la mort de Cathlin? Sa tombe s'élève entre les joncs qui bordent le Lumon. Sulmalla, dans sa douleur, chante l'éloge funèbre de la fille des étrangers , et accompagne sa voix des sons lugubres de sa harpe.