‹ Ossian, fils de Fingal, barde du 3e siècle; poésies galliquesChapitre 33 sur 64 · II · texte numérisé non relu

II

322 SULMALLA.

La fête finie, Sulmalla se leva parée de sa longue chevelure; les yeux baissés, elle nous adressa la parole, et nous demanda pourquoi nous traversions les mers : « Vous êtes sansdoute au rang des rois? Votre courage et votre taille majestueuse me l'annoncent (i) »: — Aimable fille des rois, répondis -je, it n'est pas inconnu sur tes rivages, le chef de notre race. Les bords du Cluba ont retenti du nom de Fingal : Ossian et Oscar sont connus ailleurs que sur les collines de Cona ; à notre nom l'ennemi trembla plus d'une fois dans les pays éloignés. « Je connais le bouclier du roi de Morven, répartit Sulmalla, il est suspendu dans le palais de Conmor, en mémoire d'un événement qui combla Fingal de gloire, quand il vint jadis sur les bords du Cluba. Un sanglier monstrueux faisait retentir de ses rugissemens les rochers et les forêts de Coldarnu. Les jeunes guerriers d'Inishuna l'attaquèrent, mais ils succombèrent, et les jcuncsfillespleurèrent sur leurs tombes* Fingal arrive ; tranquille, il s'avance ; le mons^ tre, effroi des forêts, tombe et roule sous les coups de sa lance. On dit que rien n'égalait alors la beauté de ce premier des héros : on ne l'entendit point vanter ses exploits au, milieu de nos fêtes. Le souvenir de ses actions

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