SU I, M ALLA
et Tun tenant dans ses mains la chevelure do son ennemi, et l'autre semble rouler encore des yeux farouches. Le torrent qui tombe du rocher mouille leurs boucliers de son écume et se mêle avec leur sang.
Leur mort éteignit la guerre dans Ithorno. Cathmor et Ossian conclurent la paix. Nous élevâmes des tombeaux aux morts. Nous marchions sur les bords de la baie de Runar, quand nous aperçûmes un noir vaisseau flottant sur les ondes ; il portait un jeune objet brillant comme le rayon du soleil, lorsqu'il perce l'épaisse fumée qui courqnne la colline de Stramlo. C'était la fille de Surandronlo. Ses yeux égarés et roulant dans le feu , ses cheveux épars et en désordre rendaient son aspect farouche, Sa belle main portait une lance en avant. Son sein palpitait avec violence. Telle on voit la blanche écume des ' flots s'élever et s'abaisser au milieu des écueils* beau mais terrible spectacle pour les nautonniers, qui à sa vue appèlent les vents à leur secours. «Venez, disait-elle, habitans de Loda, sortez du sein de vos nuages. Pâle Carcar, Slumor, et toi redoutable Cor tur, ouvrez vos palais aériens, recevez les ombres des ennemis de Surandronlo, qui vont tomber sous la lance de sa
SULMALLA.
fille. Ce n'était pas dans ses états un fantôme de roi. Quand il pïeiiait sa lance, les oiseaux de proie battaient des ailes , et volaient à sa suite; car toujours le sang ruisselait sur les pas de Surandronlo : il ne m'a pas élevée pour briller oisive dans son palais. J'ai jeté l'éclat terrible des météores, et j'ai consumé les ennemis de mon père (5) ». »••«.* •» ». .... ..«•
Sulmalla écoutait avec un vif intérêt l'éloge du généreux Cathmbr ; elle portait ce héros dans son cœur. Son amour était comme un feu caché sous la bruyère , qui se réveille au soufflé des ve^ts et devient un vaste incendie. La fillè des rois se retire au milieu des concerts , telle qu'un zéphir doux et léger qui agite en murmurant la tête brillante des fleurs, et ride la surface des lacs et des ruisseaux.
Pendant là nuit, un songe descendît sur Ossian. L'ombre de Trenmor m'apparut. Il semblait frapper son noir bouclier sur le rocher de Selma. Je compris que la guerre menaçait ma patrie. Je me lève, je revêts mon armure , et aussitôt que les torrens de Lumon réfléchirent les premiers rayons du jour, nous déployâmes nos voiles.