ARGUMENT
OsiiAtf , après quelques réflexions générales , décrit la situation de Fingal et la position de l'armée de Loclin. Entretien de Starno et de Svraran. Episode de Cormar-Trunar et de Foin ar-Bra gai. Starno veut qu'à son exemple Swaran surprenne Fingal , qui s'est retiré seul sur un côteau voisin. Sur le refus de Swaran , Starno •e charge de l'entreprise ; il est vaincu et fait prisonnier par Fin* gai , qui lui rend la liberté, après lui avoir fait une forte réprimande sur sa cruauté.
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terme vers lequel elles roulent sans s'arrêter? quel est Tabîme obscur ou elles ont été s'engloutir, chargées de mille événemens divers? Mes regards veulent pénétrer dans la profondeur du passé ; mais je n'y vois qu'une lueur incertaine, semblable à celle des rayons delà lune réfléchis par la surface d'un lac éloigné. Là brillent les flambeaux de la guerre j ici je vois une génération faible et vile pasàer dans le silence, sans marquer les années d'au* cune action éclatante. Toi, qui réveilles mon génie, A ma harpe, descends de la voûte où tu es suspendue au milieu des boucliers. Qu'à tes accords l'obscurité qui voile le passé sé dissipe : fais revivre les héros décédés*
Uthorno, séjour des tempêtes, je vois sur tes collines les héros de ma race. Fingal se penche dans les ténèbres sur la tombe de Dumarunno : il est environné des guerriers de ce chef infortuné» Sur la rive du Turthor, l'armée deLoclin est enveloppée des ombres épaisses dç la nuit Starno et Swaran, irrite» U. a3
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de leur défaite» se sont retirés sur deux collines : appuyés sur leurs larges boucliers, ils contemplaient le cours des étoiles vers l'occident. Cruthloda, semblable à un météore informe, se penche du sein des nuages. Il déchaîne les vents ; et les signes qu'il fait dans le ciel font comprendre à Starno que jamais Fin gai ne cédera dans les combats.
Deux fois Starno en courroux frappa l'arbre de Loda. Il marche vers son fils , il murmure quelques chants lugubres et prête l'oreille aux vents de la nuit. Debout et tournés chacun d'un côté opposé, Starno et Swaran ressenw Liaient à deux chênes qui , courbés par deux vents contraires, se penchent sur deux ruisseaux et agitent leurs branches dans les airs.
« Annir, dit Starno , était jadis un feu qui consumait les armées. Dans le champ de bataille, ses yeux lançaient les traits de la mort4 éon bonheur suprême était dans le carnage. Pour lui, le sang coulait plus délicieusement qu'un doux ruisseau qui serpente au printemps à travers la mousse des rochers, et v* ranimer les vallons flétris. Il s'avança sur les bords du lac de Lucormo, pour combattra Trunar, souverain belliqueux d'Urlor.
Les noirs vaisseaux de Trunar l'apportèr rent sur la côte de GormaL II vit la fiHe
tïAunar, l'aimable Bragal» Il la vit , et les yeux de la belle ne se tournèrent point avec indifférence sur le vainqueur des flots et des tempêtes. Elle s enfuit dans la nuit, et monta sur le vaisseau de son amant. Annir les poursuivit sur l'abîme des mers, il appela tous les vents du ciel. Le roi n'était pas seul, Starno était à ses côtés, les yeux attachés sur lui, et semblable à un jeune aigle d'Uthorno.
Nous arrivâmes à Urlor. Trunar s'avance à la tête de son peuple : nous combattîmes,! mais l'ennemi eut l'avantage. Annir était transporté de fureur. De son épée il coupait les branches des. jeunes arbres. Il roulait des yeux enflammés de rage* Je remarquai le désespoir de mon père ; je m'enfonçai dans les ténèbres. J'allai prendre dans le champ de bataille un casque brisé, et un bouclier que le fer avait percé. Je portais à ma main une lance sans pointe, ce fut ainsi que je marchai vers l'ennemi. Trunar était assis sur un rocher ; près de lui sous un arbre était la jeune Bragal. Je jetai mon bouclier à ses pieds , et je lui dis ces paroles de paix ;
«Annir est gissant sur le rivage de la mer* Il a été percé dans le combat. Starno son fils est occupé à lui élever un tombeau ; il m'a choisi parmi les enfans de Loda, pour venir
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vers Bragal ; il demande à cette belle une boucle de ses cheveux, qu'il veut, dit-il, en-r fermer dans la tombe d'Annir; et toi, souverain d'Urlor, fais cesser la guerre jusqu'à ce qu'Annir ait reçu la coupe céleste des main» de Cruthloda ».
Bragal fondant en larmes , s'élève et arra*che une boucle de ses beaux cheveux. Trunar me présenta la coupe et m'invita à la joie. Je me couchai dans l'ombre de la nuit, et cachai soigneusement mon visage sous mon casque. Le sommeil descendit sur nos ennemis; alors je me lève, je vole avec la légèreté d'un fantôme, et je perce le cœur de Trunar. Bragal elle-même n'échappa point à ma fureur, et ce fer déchira son sein de neigé. Pourquoi, fille des rois, pourquoi as -tu provoqué ma rage? Le jour parut, l'ennemi s'enfuit. Annir frappa son bouclier et appela «on fils. J'arrivai tout couvert de sang. Trois fois le roi poussa un cri de joie, pareil à l'éclat soudain des vents au milieu de la nuit, quand ils sor* tent avec impétuosité du sein d'un nuage.
Nous passâmes trois jours dans la joie. Nous appelâmes les oiseaux voraces ; ils vinrent portés sur les Vents, et les ennemi^ d' Annir furent leur pâture. Swaran, il est. nuit, fingal est seul sur sa colline. Que ta
lance perce en secret son flanc. Ma joie égalera celle d'Annir ».
« Non, Swaran ne donnera point la mort dans les ténèbres. Fils d' Annir, je marche à la clarté du jour. Alors les oiseaux de proie volent de toutes parts, ils sont accoutumés à suivre ma course homicide ».
A ces mots, Starno, transporté de fureur, lève trois fois sa lance étincelapte ; ipais prêt à frapper, il tressaille ; il épargne son fils et s'enfonce dans la nuit Sur la rive du Turthor est une sombre caverne, demeure de linfortunée Carglan. Starno y appelé la fille de Lulan. Mais la fille de Lulan est maintenant dans le palais aérien de Loda. Ecumantde rage , il vole vers l'endroit écarté où Fingal reposait couché sur son bouclier. Intrépide chasseur, fléau des sangliers , ce n'est pas une vierge timide et faible que tu vois devant toi, ce n est pas ici un enfant couché sur la fougère, au bord du torrent de Turthor. Mais tu vois le lit du brave ; s'il se lève, il donne la mort : garde-toi d'éveiller ce guerrier terrible. Starno s'avance, Fingal se lève ; « Qui es-tu, fils de la Nuit»? Starno, sans répondre , lui jète sa lance ; ils combattent dans les ténèbres : le boucher de Starno tombe fendu en deux ; Fingal le saisit et le lie
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à un chêne. Aux premiers rayons du jour,' Fingal reconnut le roi du Gormal. Il roula quelque temps ses yeux en silence, ses pensées retournent vers le passé. Il se rappelé le temps où le bruit des pas d'Àgandecca était plus doux à son oreille que les chants mélodieux. Il fait tomber les liens des mains de Starno. «Retire-toi, lui dit-il, fils d'Annuy retire-toi dans ton palais de Gormal ; cette lumière charmante que tu éteignis, reparaît et luit encore dans mon cœur; je me souviens de ton aimable fille. Loin de moi, héros farouche et cruel; va dans ta demeure odieuse , ennemi de tout ce qui est aimable;. que l'étranger t'évite et n approche jamais de ta sombre retraite ».
FIN DV POÈMR
DJK CATHLOBA.
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OINA-MORUL,
POÈME
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OÏNA-
POËME