‹ Ossian, fils de Fingal, barde du 3e siècle; poésies galliquesChapitre 63 sur 64 · D'ART HO · texte numérisé non relu

D'ART HO

du désert, mais ni Fun ni l'autre ne rencontrera de feuille verdoyante qui m'appartienne ; les pluies du printemps réjouiront la terre , mais aucun rameau ne fleurira sur ma tige ; le soleil sourira parmi les gouttes de rosée, mais il ne sera vu par aucune branche sortie de moi. Le vent siffle à travers mes cheveux blancs , et me dit : « Bientôt tu seras couché dans la tombe ». Je n'attends qu'une consolation avant de mourir. Jeune homme, apprends-moi comment mon fils est tombé.

<c — Ton lils n'est point tombe sans gloire ;

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pendant qu'il chevauchait au milieu des ennemis. Pareil au tonnerre qui déchire les bocages; pareil à l'éclair qui renverse leurs têtes verdoyantes , lorsqu'il répand la terreur dans ses apparitions fréquentes et soudaines, tel le héros a combattu, tel encore il s'est montré dans sa chute. Lès ennemis, troublés à la vue d'Artho , ont pris la fuite et ont été renversés. La mort, partie de sa main , rugissait derrière eux avec un bruit pareil à celui d'un rocher qui roule du sommet de Malmor, et brise les arbres, ornement de la plaine, avant de se plonger dans le lac où ils se réfléchissaient. Telles ont été tes actions, fils de la Renommée ! Mais le vent a apporté la flèche

homicide, et les guerriers sont accablés de tristesse; car celui qui ri est plus était puissant ».

Ton récit me plaît, fils d'Arman; il ressemble au rayon qui dissipe les nuages de la nuit. Artho , tu as combattu comme tes pères dans les batailles de leur jeunesse ; et ton nom , comme les leurs , vivra dans les chants des bardes. Quand les braves sont renversés, leur renommée trace après eux un sillon de lumière; leurs amis l'aperçoivent, et se réjouissent. Mais les faibles meurent, et Ton ne se souvient plus d'eux ; les hommes puissans regardent leurs ami s avec dédain : ils errent seuls dans la vallée silencieuse , et évitent le regard des héros.

Mais, fils d'Arman, pourquoi ce soupir?

pourquoi ces yeux égarés? As-tu perdu un frère chéri, ou ton ame est- elle dans le trouble , à cause de l'épouse de ta jeunesse?

— « Je n'ai point perdu un frère chéri ; je n'ai point d'épouse qui attende mon retour. Mes soupirs ont pour objet la belle de Carnmor : le jour je suis occupé d'elle ; mes songes me la représentent durant la nuit. Mais son ame est remplie d' Artho. Elle a Vu le jeune homme marcher au combat, et la tristesse s'est emparée de son ame inquiète. Elle" est

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