LES CHANTS DE SELMA
SUJET
Le» Bardes s’assemLloient tous les ans dans le palais d» chef auquel ils étoient attachés. Ils récitoient leurs poëmes. Le roi nommoit ceux qu’il jugeoit dignes d'étre conservés , et on les apprenoit avec soin aux enfants pour les transmettre à la postérité. Ce fut une d« ces fêtes solemnelles qui founiit à Ostian le sujet de ce poeme. ...
E de 1 a t^tiit, étoile radieuse Qui, sur Tazor du lirmament.
Imprimes de tes pas la trace lamiueuse.
Astre paisible, en ce moment Que regardes-tu dans la plaine?
L’aquilon est muet, la cascade lointaine Ne murmure que foiblement,
Les insectes du soir font retentir à peine
Un triste et sourd bourdonnement ;
Au bord de l’horizon tes clartés s’obscurcissent , Tu descends dans le sein de l’océan fongueu-v
POESIES D * O S S I A N. iSÎ
Les flots broyants se réjooissent,
Et baignent l’or de tes cheveux ;
Mais ton dernier rayon a lui sur la bruyere :
Astre charmant, adieu. Que mon génie éteint Se rallume, et succédé à ta vive lumière :
* Je le sens qui renaît dans sa force première ,
coups do malheur lui seul n'est pas atteint.
Je vois à sa clarté se rassembler encore
Les nobles compagnons de mes jeunes travaux.
Sur le Mora^ qu’éclaire un pâle météore,
Fifigal brille, entouré des Bardes mes rivaux ;
Aux accents de sa voix s’empressent de se rendre L’harmonieux Rino^ le belliqueux Ulliriy Et le sombre Carril^ et le brûlant Alpin^
Et Minona^ si plaintive et si te'ndre.
O mes amis, que vos traits sont changés Depuis ces jours de bonheur et de gloire Ou Selma nous voyoit, dans ses murs ombragés.
De la harpe et du chant disputer la victoire !
Pareils aux zéphyrs du vallon Qui caressent une onde pure.
Et viennent toor-à-tour avec un doux murmure Agiter le naissant gazon.
Ce fut un de ceajours, A jamais mémorables ,
Qu’on vit s’avancer Minona^ . .
i34 ' POESIES^ ■
Chantant les amours déplorables ' Et de iSa/gar et de Co/rttfl.
Salgar avoit promis à sa Colma fidele De venir la rejoindre avant la lin dn jour :
Déjà l’ombre est universelle.
Et Salgar n’est point de retour ;
Flottante entre l’espoir, et le doute , et la crainte, ColnjM snr la colline , et seule avec sa voix.
De ses cris douloureux fait retentir les bois. Econtons sa tendre complainte.