DI»COURS
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teurs -veulent faire entendre qu’il ne sait jamais ni d’où -il vient , ni où il va ; et sa marche est souvent aussi directe , aussi sûre que celle de nos bons auteurs.
En un mot on outre le blâme : je ne veux pas outrer l’éloge; mais je dois. dire qu’Ojsian étonne à la fois par la pompe des images , par la grandeur des sentiments , et par le charme des fictions. Lorsqu’on examine attentivement ses tableaux, on s’ou"blie , on se transporte dans les contrées qu’il habita , on voit le mont escarpé, le pin solitaire , la sombre forêt ; on entend l’aboiement du dogue , le cri de l’aigle; oiî marche au fracas'du torrent , aux lueurs de la tempête ; et , quand l’illusion finit avec la peinture , on ne croit pas avoir lu : il semble qu’on ait rêvé.
Quoi de plus pur que sa morale ? Quel héros de l’antiquité l’emporte sur lui en affections louables , en dévouement magnanime ?
Que fait -il lorsqu’un roi, sauvé par ses armes , lui offre sa fille éprise d’un autre guerrier? Il surprend le secret de celle-ci, renonce à ses droits; et, quoique sensible à ses
attraits , Tunit au brave qu’elle aime. L’ennemi qui le définit , l’étranger superbe est-il abattu? au lieu de lui. donner la mort, il lui tend la main. Mathos rentre-t-il dans Selma avec l’épouse qu’il a ravie ', en violant l’hospitalité ? il arme Fingal d’iui front sévère , il lui prête des accents terribles ; il accuse , il épouvante, il accable le ravisseur. Le meurtrier de son fils , l’assaSsin de son cher Oscar lui demande - 1 - il , par l’organe de Cathrrior ^Ventrée du palais des vents? aux soupirs de son ombre plaintive il oublie ses attentats , et fait chanter son hymne funebre. Il ne Croit jamais que la vengeance ait le droit de s’étendre au-delà du tombeau. Il prise l’humanité , la foi , la piété, presque autant que le cçurage. Quoique sa vie s’écoule dans les combats , quoiqu’il se joue des périls , et ne connoisse qu’une g;loire , il commence toujours la guerre par des propositions de paix. Il prévient l’effusion du sang par tous les moyens compatibles avec la fierté de son caractère et la trempe de ses moeurs.
Ses hymnes, lorsqu’il les composa, durent