‹ Ossian poésies galliques en vers françaisChapitre 37 sur 38 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

À la sombre clarté de quelques feux mourants,

, Soudain rassemblera ses dogues haletants ;

En vain les noirs frimas pèseront sur sa tête,

Je le verrai franchir et les ravins profonds,

, Et le fleuve écumant , et la cime des monts ;

Sous l’abri d’un rocher, seul avec la tempête, n entendra des morts les fantômes errants Mêler leurs cris plaintifs à la voix des torrents.

Mais les ombres déjà descendent dans la plaine. Rassuré par la nuit qui le cache à nos traits.

Déjà le cerf rapide a quitté les forêts.

La lune brille enfin ; sa lumière incertaine Tremble et se réfléchit dans la source prochaine.

En vain l’ombre au chasseur ramene le repos:

Armin ne connoît plus que la paix des tombeaux. Je vais m’asseoir ici dans ma douleur profonde :

^ Quand l’aurore viendra rendre le jour au monde; Quand l’étoile du soir brillera sur les eaux, . ' Je pleurerai ma fille, et les jours de ma gloire.

Le temps et la douleur ont affoibli mon bras. ' Vous que jadis instruisit aux combats.

De mes exploits passés conservez la mémoire ; Chantez sur mon tombeau l’hymne dé la victoire. Bardes, chantez aussi: mon cœur , à vos accents.

Du malheur et des ans ne ressent plus l’outrage.

Je les revois ces jours, où, brûlant de courage.

Je chassois devant moi mes ennemis sanglants

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