FRAGMENT
À la sombre clarté de quelques feux mourants,
, Soudain rassemblera ses dogues haletants ;
En vain les noirs frimas pèseront sur sa tête,
Je le verrai franchir et les ravins profonds,
, Et le fleuve écumant , et la cime des monts ;
Sous l’abri d’un rocher, seul avec la tempête, n entendra des morts les fantômes errants Mêler leurs cris plaintifs à la voix des torrents.
Mais les ombres déjà descendent dans la plaine. Rassuré par la nuit qui le cache à nos traits.
Déjà le cerf rapide a quitté les forêts.
La lune brille enfin ; sa lumière incertaine Tremble et se réfléchit dans la source prochaine.
En vain l’ombre au chasseur ramene le repos:
Armin ne connoît plus que la paix des tombeaux. Je vais m’asseoir ici dans ma douleur profonde :
^ Quand l’aurore viendra rendre le jour au monde; Quand l’étoile du soir brillera sur les eaux, . ' Je pleurerai ma fille, et les jours de ma gloire.
Le temps et la douleur ont affoibli mon bras. ' Vous que jadis instruisit aux combats.
De mes exploits passés conservez la mémoire ; Chantez sur mon tombeau l’hymne dé la victoire. Bardes, chantez aussi: mon cœur , à vos accents.
Du malheur et des ans ne ressent plus l’outrage.
Je les revois ces jours, où, brûlant de courage.
Je chassois devant moi mes ennemis sanglants