PRÉLIMINAIRE
noncent ici sur les destinées de l’autre \ie ; là, au contraire, ce sont les vivants qui règlent l’avenir des morts. Celui qui fut brave , généreux, hospitalier, peut quitter la terre sans effroi^ son hymne fu^ebre est chanté', ses amis le reverront, ou plutôt ils ne cesseront pas de le voir. Il va devenir leur conseiller , leur régulateur suprême. Il leur apparoitra tantôt satisfait et porté sur un nuage radieux , tantôt menaçant , entouré d’éclairs , assis sur le char des tempêtes. .Les leçons qu’il leur donnera seront d’autant plus faciles , d’autant plus douces à suivre , qu’il les pratiqua sous leurs yeux. Voilà la plus belle de toutes les conceptions fabuleuses. Elle n’offre rien de compliqué , rien '4e vague ; elle nous donne pour guides ceux que nous avons chéris, pour modèles ceux que nous avons admirés: elle n’impose à l’homme aucun effort surnaturel ; elle le rend meilleur dans ce monde , et lui fait jouer dans l’autre un rôle presque divin.
La position à'Ossîan ajoute encore à l’intérêt de ses poèmes. Les ténèbres qu’il peint
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l’entourent de leurs horreurs, il est aveugle j il a pris part aux combats qu’il chante; il a perdu tous ses amis ; Malvina seule lui reste. Il n’a que son bras pour le soutenir, que sà voix pour le consoler. Il gémit comme frere , comme pere , comme fils. Le souvenir de ses malheurs se mêle sans cesse au souyenir de ses exploits. Le passé , le présent, l’accablent. Sa harpe est humide de pleurs , chacun de ses sons est un sanglot. Aussi n’est-ce pas à -l’esprit , c’est "au cœur à le juger.