O INA
Je n’étois point encore appesanti par l’âge ;
Fingal arme mon bras';, il commande ; et soudain ' Mes rapides vaisseanx, sons an/ ciel sans nnage,, Vognent vers Ifiistore aux Inenrs de Cathlin (2). J’allois du vieux Malor dissiper les alarmes ;
La guerre rugissoit au bord de ses torrents;
Une étroite amitié, que respectoient les ans,
Aux armes de mon pere avoit uni ses armes.
J’arrive : il reconnoit l’étendard des héros ; - ,
Et, me tendant la main, il m’adresse ces mots :
« Fils du roi de Morven.^ sur mes vertes collines
O Quel esprit a guidé tes pas? ^
« Chef dn sauvage Ullin (S) et des plaines voisines ; « Dunthalmon de ma fille adoroit les appas :
n Je n’ai pn l’accorder à son impatience;
« Nos peres étoient ennemis (4).
« Mais dix mille guerriers, à scs ordres soumis,' n Sur nos bords malheureux promènent la vengeance. « Seul, privé des secours qui me forent promis,
« J’ai voulu réveiller la foi de mes amis;
« Mais tous , fermant l’oreille à ma voix importune, < Ont oublié Malor va. jour de rinfortnne.
POESIES-
— « Tes manx me sont connus ;je viens les soulager^.
0 Et servir de mon bras ta canse glorieuse :
« Ne crois point qu’Ossia/ï soit nne ombre trompeuse « Qui se dissipe et fait à l’aspect dn danger.
« J’ai promis à Fingal de veiller sur ta tête :
« Il se souvient encor du jonr où la tempête U Le jeta sur ces bords témoins de ta splendeur.
« Tes secours, tes présents cbarmerent sa douleur:
« Tu le fis asseoir à ta fête ;
O Mais sa reconnoissance égale sa valeur.
« De Tremnor dans mes mains tn vois briller l’épée :
« Si j’en crois ma fongueuse ardeur,
« Ton attente, Malor ^ ne sera point trompée.
— a Des guerriers de Miort'enjeconnois le pouvoir: a Fils d’un roi généreux, appui de la foiblesse ,
« Tu fais luire à mon ame un doux rayon d’espoir :
O Ta voix console ma tristesse; a Tel daigne nous parler l’orageux Cruthloda (5) , «-Lorsque, resplendissant des feux dn météore,
« Sa voix vient réjouir le;s vallons dn Loda^
« Et fait taire les vents sur les rocs à'Inistore (6).
« Cependant l’aigle altier abandonne les airs ;
a Déjà la nuit taciturne, voilée.
Cl Commence â parcourir sa carrière étoilée.
« Tiens t’asseoir dans mes tours, noble enfant des concerts». Je le suis. À^ma vue Oîna se présente :
L'abattement se péint dans ses traits donlonrenxy Et sons ses doigts la harpe obéissante Pousse des soupirs langoureux.
Ses yeux d’azur, que voile on sinistre nuage, • >
Roulent, chargés d’amour, de trbtesse et de pleurs ;
Tels deux astres du soir brillent dans le feuillage,
Ou telles noos voyons, au pied du roc sauvage.
Les larmes du matin qui tremblent sur les fleurs.
’ Le roi des jours s’apprêtoit à répandre. ' •
Sur l’horizon ses nouvelles clartés.
Que j’écoutois encor sa voix naïve et tendre.
Des cris tumultueux soudain .se font entendre ;
La bataille et la mort grondent de tous côtés : Dunlhatmon contre nous s’avançoit dans la plaine.
Je vole ; et de mon œil, enflammé par la haine. S’échappent à la fois et la foudre et l’éclair.
En vain mille guerriers, sons on rempart de fer.
Veulent couvrir leur chef: il tombe, et j.e l’enchaîna.
Le vieux roi satisfait me presse dans ses bras : .
« Osaian^ me dit-il, tu ne partiras pas a Sans emporter le prix de ta noble vaillance;
« Ma fllle doit payer ce que tu fls pour nous ;
K Sa beauté, sa candeur, son aimable innocence,
O Réjouiront l’ame de son éponx.
O Je te la donne... An lever de l’aurore a Qu’.^lle vogue avec toi sur l’orageuse mer.
a4 POESIES
a Pour ton bonheur que puis-je faire encore?
« De mes trésors accepte le plus cher. »
Pour la seconde fois sur la plaine glacee La nuit sombre descend ^ de frimas hérissée;
Mais le sommeil me fuit... Des sanglots douloureux Frappent mon oreille attentive :
* C’est Oiim, solitaire et plaintive,
, Qui dans l’ombre chante ses feux.
« Objet de mon unique amour,
« Sur ton rocher désert, le cœur rempli d’alarmes,
« Peut-être, de l’aurore implorant le retour,
« Loin de moi tu verses des larmes.
■ Hélas ! tes vœux sont superflus. • ^
« L’aurore renaîtra plus touchante et plus belle ; '
« Mais ses jeunes rayons ne me trouveront plu» /
« Dans la demeure paternelle.
a Monts escarpés, sombres forêts, '
« Solitaire» vallons, noirs rochers, doux ombrages, « Vous ne me verrez plus de mes rapides traite O Poursuivre le» chevreuils sauvages.
s O ma harpe, qui tant de fois « Adoucis les tourments de mon'ame éperdue.
D’OS s TAN. âS
« Repose désormais dans l’asyle des rois^
« Silencieuse et détendue ».
Elle se tait. Soudain près d’elle je m’élance....
« Belle Oina^ lui dis-je, appaise tes donlenrs;
« C’est à moi de sécher les pleurs ■
« Que fait couler une injuste paissance : - « Loin des chefs de Morven le barbare plaisir « De presser dans leurs bras une vierge tremblante!
« Fille des rois, ta beauté languissante « Dans mon cœur un moment éveilla le désir;
« Mais j’entends une voix sévere “ Q**i me crie : Ossian^ respecte le malheurl a Fils d un héros, sois digne de ton pere,
« Etouffe une coupable ardeur.
« Tes larmes, Ofna, n’auront point été vaines:
« Je cedeà Duntkalmon tous mes droits sans retour. Du guerrier à qes mots ma main brise les chaînes. Pourquoi, dis-jea Malor^ rompre ces nœuds d’amonri* Dunthalmon avec gloire a fait briller sa lance ;
Si vos aïeux d’une auguste alliance Rompirent jadis les liens.
Maintenant de la haine ils ne sont plus la proie,
Et Tuident è longs traits la coupe de la joie Dans leurs palais aériens (7).
NOTES D’OINA.
(1) Selma, nom du palais de Fingat y roi de Morven, et pere d'Ossian.
( 2 ) Cathlin , nom de l’étoile du soir chez les Calédoniens. Voici, d’après Macpherson ^ les sept étoiles principales de ces peuples ; Caumaihon , Tête de l’ours; Coldernai, Rayon oblique; Uloicho^ Gnide noctnme; Cathlin^ Rayon des flots; Reldurath , Etoile du crépuscule ; Berthin , Feu de la colline; TonthenUi Météore des vagues.
(3) Ancien nom dtVUlster ^ partie de l’Irlande.
(4) Lorsque les ancêtres de deux guerriers avoient
été désunis, leurs descendants héritoient de leur haine; elle se pcrpétuoit jusqu’aux générations les plus reculées ; les liens de l’amitié étoient également indissolubles. Deux Calédoniens se rencontroient - ils dans la mêlée ; si leurs aïeux avoient été divisés , il n’en falloit pas davantage pour qu’il s’engageât entre eux on combat opiniâtre et mortel. Si au contraire l’intelUgence avoit régné entre leur üimille , ils écbangeoient leurs armes, et se jnroient une étemelle amitié. /
NOTES D’OINA*
(5) Cruthloda^ un des aïeux de Malor.
(6) InisLore étoit une des Orcades.
(7) Les Calédoniens croyoient que tons ceux qui s’étoient distingués par leur bravoure on leur vertu habitoient après leur mort un palais de nuages^ ils y conservoient tous leurs goûts, et s’y livroient aux mêmes plaisirs qu’ils avoient connus durant leur vie ; et comme la chasse étoit un des principaux, armés d’un arc de neige., ou d’une lance de vapeur , ils poursuivoient, dans les vastes plaines du firmament, des chevreuils de météores et des sangliers de brouillards. Là s’éteignoit tout sentiment de haine ; les habitants du palais aérien apparoissoient quelquefois à leurs eufahts et à leurs amis ; ils disposoient à leur gré des éléments, déchainoient les tempêtes , troubloient les mers ; mais u’avoicnt d’ailleurs aucun pouvoir sur les hommes ; ils étoicnt divisés en hons et mauvais esprits ; les premiers ne se montraient qu’aux rayons d’un jour pur, sur le bord des ruisseaux, ou dans les riantes vallées : les seconds, au contraire, ne paroissoient qu’environnés d’éclairs, an bruit du tonnerre, cC dans les nuits orageuses.
DARTHULA.
SUJET
Cromnal , roi d’£'/A<r,eut trois &\i , Ndthos , Ardan , et Morar. Ils attaquèrent Càirhar, usurpateur de l’Irlande , et le défirent dans plusieurs combats. Darthula , fille de Colla, roi.de Wlster ,éKo\X aimée de Caïrbar : mais elle vit Nathos , l’aima, et s’enfuit avec lui. Une tempête rejeta leur vaisseau sur les c6tes mêmes où Caïrbar campoit avec son armée. Les trois frerès se défendirent long-temps avec courage ; mais ils succombèrent enfin sous le nombre , et furent massacrés. L’infortunée Darthula se perça sur le corps de son cher Nathos.
-OSSIAN
F1L1.E du ciel, que j’aime tes appas.
Et l’éclat virginal dont ton front se couronne ! Dans les plaines d’azur où s’impriment tes pas Des astres de la nuit la foule t’environne.
Les nuages obscurs s’éclairent de tes feux ;
Par toi l’air est plus doux, la nature plus belle. Les. vents n’osent troubler ton cours silencieux.
POESIES D’OSSIAN, 29
Que faiS'tn loin de nons quand une ombre rebelle Enveloppe ton globe et le cacbe à nos yeux ?
Vas-tn, comme Ossian^ plaintive, gémissante,
Dans l’asyle de la.donlenr Ensevelir ta beauté langnissante ?
Reine aimable des nnits, connois-tn le malbénr ? Maintenant , revétn de toute sa lumière ,
Ton char volnptnenx ronle an^essns des monts : Prolonge, s’il se peut, leConrs de ta carrière.
Et verse sur les mers tes paisibles rayons.
Nathps de l’Océan ouvre le sein hnmide;
A ses c 6 tés sont Ardan et Morar.
Les trois fils de Cromnal d’nne course rapide Se dérobent anx traits dn puissant Caîrbar.
Quelle est cette jeune étrangère ,
Qni des mers auprès d’eux brave les flots broyants? Ses longs cheveux en boucles ondoyants
Flottent sur sa taille légère
C’est Darthula , l’amante de Nathos :
De Caîrbar elle fuit la tendresse ,
Et ses regards ou se peint la tristesse Errent languissamment sur son jeune héros.
O douleur ! les vents infidèles.
Couple charmant , abusent votre espoir.
. Ces monts chargés de glaces étemelles,
Ces ruisseaux que vos yeux viennent d’appercevoir
3o 'POESIES,
Ne monillent point Etha d’une onde fugitive.
Les tours de Caîrbar pesent sur cette rive ;
Yons retombez en son pouvoir.
Tons qui déçûtes leur attente ,
Yents du midi , que faisiez-vons alors ?
Pourquoi sur nos paisibles bords Déponiller le chardon de sa robe piquante ?
Que n’alliez-yons enfler les voiles de Nathoa ?
Qne ne présentiez-vous à sa vue empressée Et le toit paternel , et les riants cûteanx Où sa jeune valent s’étoit tant exercée ?
Qn’aisément , ô Nathos , tn maîtrisas le coeur De la jeune beauté qui te soit et t’implore!
Ton visage avoit la donceor Des premiers rayons de l’aurore ;
Tâ chevelnre effaçoit en noirceur L’aile du corbeau à'Inistore;
Le gazouillement des ruisseaux ,
Le doux murmure du zépbyre .
Qui se joue entre les roseaux ,
L'air pur que le chasseur respire Assis le soir au bord des eaux ,
Sur les sens avoient moins d’empire Que les sons flatteurs de ta voix.
Mais quand dans les combats tu ponrsuivois les roisi. Ta ressemblois à la mer irritée
D’O s s I AN.
Dont les vents oragenx troublent le vaste sein ;
An bruit de tes armes d’airain S’enfuyoit des héros la foule épouvantée.
Ce fut ainsi que te vit Darthula Tranquille an palais de ses peres ;
D’nnfeu soudain elle brnla;
Des pleurs d'amour mouillèrent ses paupières... Mais les vents ont trompé tes vœux ;
O fille de Colla , tu t’égares dans l’ombre !
Arrêtez, vents jalonx ; silence , vague sombre ; Laissez-moi recueillir ses accents douloureux.
Darthula.
Quelle clarté lutte avec les ténèbres ?
Entends-je AeNathos les torrents écnmenx?
Revois-je Etha ? ces tours funèbres, Sont-ce les tours de mes aïeux ?
Eh quoi ! Nathos me répond par des larmes
On sommes -nous ?
Nathos.
Auprès de Caîrbar^ Dans ses états : la nuit et le hasard A de nouveaux périls vont exposer tes charmes. Non, Darthula^ cette foible clarté N’éclaire point la salle de nos fêtes, (i)
POESIES
No«s revoyons XJllin^ noir séjour des tempêtes: Voilà de Caîrbar le palais détesté.
Ardan , Morar^ mes jeones freres Descendez avec moi ^ cherchons quelque sentier Qui nous dérobe aux fureurs meurtrières De cet homicide guerrier.
Toi, Darthula^ que ton cœur s’abandonne Au doux espoir ; il t’est encor permis :
A l’ombre de ce roc , loin de nos ennemis Repose en paix , mon glaive t’environne.
, Il dit, et part. Seule avec ses douleurs Son amante s’assied sur la mousse sauvage ,
Et ses beaux yeux se remplissent de pleurs.
Tremblante au bruit des flots grondants sur le rivage , Elle promene au loin ses regards inqniets Elle appelle ISathos d’une voix douce et tendre ;
Mais Nathos ne peut plus l’entendre ,
Ses cris ne vont frapper que les rochers muets.
« Pâle , craintive , délaissée ,
« Je veille dans l’horreur d'une profonde huit.
« Oh !. quemou ame est oppressée !.... -
Cl J’ai beséin de secours, et mon amant me fuit !
<1 II me filit ! où donc peut-il être?
« Qael charme impérieux le retient loin de moi ?
« 2Vh^Æo5, hàte-toi de paroi tre !
« Je suis seule, reviens dissiper mon effroi.
« Déjà bourdonne la tempête ;
« Les vents séditieux se henrtent dans les airs : a Hélas ! où reposer ma tête ?
« On trouver un asyle en ces climats déserts?
« O lune , écarte les orages ;
« Astres silencieux , que vos pâles rayons « Brillent k travers les nuages 1 '
« Guidez mes pas errants sur la cime des monts.
K Mais l’amour vers moi le ramene ;
« C’est lui , j’entends ses pas au loin retentissants.
« Pourquoi cette terreur soudaine ?
« Chef d’Echa , quelle crainte a passé dans tes sens ?
Nathos revint morne et farouche ;
Quelques soupirs s’échappoient de sa bouche ; La haine allumoit ses regards ;
La pâleur couvroit son visage :
Tel se plonge au sein des brouillards Le soleil vaincu par l’orage.
Darthula.
O mon héros ! j’attendois ton retour ;
Tu le sais ; contrainte à la faite ,
Sans parents, sans appui, je n’ai qne ton amour.
 quel affreux destin les combats m’ont rédnite T Un silence éternel régné dans Selama. (a)
La tombe a dévoré mon pere ;
Il s’est éteint , le feu qui l’anima ;
Et ce vieillard n’est plus qn’nne froide ponssiere^
Les voiles de la nnit embrassoient l’univers; '
Les flots tumultueux , appaisés par les ombres , Rampoient au pié des rocs que la monsse a couverts ,
Et les hiboux cachés dans leurs retraites sombres Troubloient seuls par leurs cris le silence des airs : Assise sur les tours de mon palais antique ,
Je songeois à mon frere, an généreux Colmar^
Qui loin de nous combattoit Caîrbar ^
Quand soudain à mes yeux , pâle , mélancolique ,
Se présente mon pere; nn glaive arme sa main.
Et de-fréquents soupirs s’élèvent de son sein.
« Darthula , me dit-il , ma famille est éteinte ;
« Ton frere infortuné vient de perdre le jour; a Mais d’un coupplus amer ma vieillesse est atteinte, a Et c’est encor sur toi que gémit mou amour.
« triomphant, suivi de son armée,
« S’avance vers ces lieux, et nous porte des lèrs.
U Qu’ü vienpe, je l’attends ; ma valeur ranimée^ a Pourra venger les maux que nous avons soufferts, n Prends de casque , arme-toi du glaive de tes peres ; « Demain, dès que le jour aura sur les bruyères a De ses premiers rayons versé le doux éclat,
« Suivis de nos guerriers nous irons an combat.
Le jour paroît. Je charge mon armure.
Mon bras fléchit sons un lourd bouclier.
Et le poids d’un casque d’acier Presse ma noire chevelure;
Mon perè m’ouvre le chemin :
Quelques braves glacés par l'âge .
D’un pas tardif et lent suivent leur souverain. ■ . Tous nos jeunes guerriers , trahis par leur courage. Naguère étoient tombés dans un climat lointain: Leurs peres affoihUs s’avancent hors d’haleine ;
La lance pese â leurs bras languissants ,
Et les zéphyrs , portés sur une aile incertaine , Frémisssent dans leurs cheveux blancs..
« Témoins de ma triste vieillesse ,
« Leur dit Colla , plus terrible et plus fler (• Vous m’avez vu jadis sous un rempart de fer « Dans les périls sanglants signaler mon adresse.
POESIES
I Hélas ! ils sont passés ces jonrs de ma valeur : a Comme moi vous pleurez vos forces éclipsées ; a Jours de gloire présents k nos tristes pensées ,
« Que votre souvenir réveille notre ardeur !
H dit , et tirant son épée Colla s’élance furieux.
Soudain d’un bruit confus notre oreille est frappée : Nous avançons, et bientôt à nos yeux S’offrent mille guerriers en ordre dans la plaine. Déjà la fureur et la haine Ont donné le signal affreux.
Mais pourquoi retracer ces moments douloureux ? Percé d’un trait mortel je vis tomber monpere :
Je volois recueillir l’ame de ce vieillard ;
Mes mains alLoient fermer sa sanglante paupière , Quand je vois accourir le sombre Caîrbar.
A mon aspect une joie homicide Brille en son œil farouche et sur son front livide ; n ose me parler de son barbare amour,
Dans mou propre palais il me traîne expirante;
Le reste t’est connu. Je mandissois le jour,
Et j’appelois la mort à mes-desirs trop lente , Lorsque brûlant d’ardeur, de gloire, et de beauté. Tu parus tont-à-coup à moU œil enchanté ;
Tu parus : Caîrbar vit resplendir ta lance.
Et s’enfuit devant toi comme un chevreuil léger.
D’OS SIAN
Mais qui peut encor t’afâiger ?
Avons-nons, cher Nathos^ perdu toute espérance?