SUR LA RUINE DE BALCLUTHA
Eli- K n’est pins cette cité superbe Dont la splendeur remplissoit nos déserts ;
Le sommet de ses tonrs s’élançoit dans les airs^
Et maintenant elle langnit sous l’herbe ;
Le deuil , le désespoir -, les cris Habitent son morne rivage :
J’ai vu moi-même ses débris :
Par-tout croit la mousse sauvage;
• Par-tont an souffle des Autans Frémit le chardon solitaire.
Quelques chênes encor vivants Versent une ombre funéraire Sur l’écume des noirs torrents.
Bardes , prenez vos harpes douloureuses-; Entonnez les chants de la mort ;
Pe ces héros éteints plaignez le triste sort,
Et consolez lents ombres malheureuses.
Us sont tombés : nous tomberons comme eux^
POESIES D’OS SIA N. 4
Quelle fatale erreur t’entraîne,
Homme foible et présoiuptneux?
r Fonrqnoi ces palais fastuenx?
Le temps, dans sa course incertaine,
Traverse tes soins et les voeux.
Aujourd’hui, rayonnant de joie, >
Du haut de tes snperbes tours Ton regard au loin se déploie.
Et de ta plaine immense embrasse les contours :
Dn voile des sombres années . ■ '
Demain tu dormiras couvert;'
Et dans ces tours abandonnées Sifflera le vent du désert. .
' Braves guerriers, ou sont vos peres?
Dans les combats ces astres ont brillé ;
Et maintenant, ombres légères.
De sa splendeur leur front est dépouillé.
Le bruit seul de léur renommée Nous atteste qu’ils ont vécu :
Leur gloire cependant est par-tout imprimée,
Et lenr bras a toujours vaincu.
Puisqu’il faut succomber, laissons un nom célébré ; ' *
Brillons après la mort d’nn éclat lumineux :
Ainsi, l'astre du jour, ceint d'un voile funèbre.
Dans l’occident, lointain et nébnlenx'
5o POESIES D’OSSIAN.
Laisse encore après lai la trace de ses feax.
Vers leur déclin mes jours se précipitent ;
Déjà mon bras est affoibli :
Mais je ne tombe point dans l’ombre de l’onbli ; Du palais errant qn’ils habitent * Mes aïeux se penchent vers moi...
O mon perc! O Comhal! vais m’unir à toi^
Ainsi chante Fingal. Dans un profond silence, Sur nos harpes courbés, nous écoutions sa voix : Moins douce est an chassear, fidele ami des bois, L’haleine du zéphyr qui dans l’air se balance. Fingal, tu sonriois comme aux jours de l’hymen : Que ton front étoit pur! Que ta voix étoit fiçre ! Mais tu n’eus point de rival, ô mon pere!
. Fils de Comhal^ roi puissant de Morven.