POEME DRAMATIQUE
SUJET
Fingarétoit à la veille d'épouser la belle Comala , lorsqu'on vint lui annoncer l'invasion d'un roi étranger. En partant pour le combat il laissa son amante sur une colline , et lui promit de venir la rejoindre le soir même s'il survivoit à la bataille. Il vainquit, et envoya Hidallan à Comala pour lui annoncer son retour. Celui-ci, pour se venger des dédains de Comala, lui dit que Fingal a péri dans le combat. Un moment après Fingal arrive, et Comala meurt de joie.
BOSMIN A.
JjA.'Nuit descend; ses voiles sombres
Enveloppent les flots glacés ,
Et les fantômes courroucés
De cris sonrds remplissent les ombres.
Ce sont des présages de mort :
Un roi compte sa dernière heure ;
Il tombe, trahi par le sort,
POESIES Au fond de l'étroite demeure.
Comala , fille des héros , Viens t'associer à nos larmes :
Il goûte l'éternel repos , Celui qu'avoient soumis tes charmes.
Hélas ! avant la fin du jour, Fingal^ resplendissant de gloire, Devoit offrir à ton amour Les premiers fruits de sa victoire ; Mais la nuit a voilé les cieux ;
Vingal ne paroit point encore
Comala^ levé tes beaux yeux.
Et vois briller ce météore
Fingal est parmi ses aïeux.
Comala, ( s" adressant au torrent. )
Enfant des monts et des tempêtes ,
Pourquoi rouler des flots sanglants .''
.Sur tes bords nos guerriers tremblants
Ont-ils suspendu leurs conquêtes.'
Dort-il mon héros indomté ?
O lune , perce le nuage
Qui couvre ton globe argenté ,
Et fais luire sur ce rivage
ITne favorable clarté.
DO s s I AN. 8:
Chef des rois, parois à ma vue Brillant comme un rayon serein Qui serpente à travers la nue Humide des pleurs du matin.
HiDALLAN, ( envojé par Fiugal pour annon cer son retour à Comala. )
Où traîner ma douleur amere!
O regrets, 6 cris superflus !
Nos cbefs ont mordu la poussière : Le roi des boucliers n'est plus,
Quel monarque a perdu la vie .*
Avoit-il la vive blancheur
Ou des frimas de la prairie,
Ou du cygne , amour du chasseur ?
Son œil étoit-il intrépide ?
Et dans les combats meurtriers
Sa lancé , comme un feu rapide ,
Consumoit-eUe les guerriers ?
H I D A L I. A N , [feignant de ne pas l'entendre. ) Oh! que n'entends-je son amante, Assise au pied du roc désert.
Appeler d'une voix touchan te
L'aimaLle guerrier qu'elle perd !
Fils du printemps , zéphyr folâtre , Soulevé l'or de ses cheveux; Découvre-moi son sein d'alhâtrc , Et l'humide azur de ses yeux.