‹ Ossian. Poesies galliquesChapitre 7 sur 29 · POEME DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

POEME DRAMATIQUE

SUJET

Fingarétoit à la veille d'épouser la belle Comala , lorsqu'on vint lui annoncer l'invasion d'un roi étranger. En partant pour le combat il laissa son amante sur une colline , et lui promit de venir la rejoindre le soir même s'il survivoit à la bataille. Il vainquit, et envoya Hidallan à Comala pour lui annoncer son retour. Celui-ci, pour se venger des dédains de Comala, lui dit que Fingal a péri dans le combat. Un moment après Fingal arrive, et Comala meurt de joie.

BOSMIN A.

JjA.'Nuit descend; ses voiles sombres

Enveloppent les flots glacés ,

Et les fantômes courroucés

De cris sonrds remplissent les ombres.

Ce sont des présages de mort :

Un roi compte sa dernière heure ;

Il tombe, trahi par le sort,

POESIES Au fond de l'étroite demeure.

Comala , fille des héros , Viens t'associer à nos larmes :

Il goûte l'éternel repos , Celui qu'avoient soumis tes charmes.

Hélas ! avant la fin du jour, Fingal^ resplendissant de gloire, Devoit offrir à ton amour Les premiers fruits de sa victoire ; Mais la nuit a voilé les cieux ;

Vingal ne paroit point encore

Comala^ levé tes beaux yeux.

Et vois briller ce météore

Fingal est parmi ses aïeux.

Comala, ( s" adressant au torrent. )

Enfant des monts et des tempêtes ,

Pourquoi rouler des flots sanglants .''

.Sur tes bords nos guerriers tremblants

Ont-ils suspendu leurs conquêtes.'

Dort-il mon héros indomté ?

O lune , perce le nuage

Qui couvre ton globe argenté ,

Et fais luire sur ce rivage

ITne favorable clarté.

DO s s I AN. 8:

Chef des rois, parois à ma vue Brillant comme un rayon serein Qui serpente à travers la nue Humide des pleurs du matin.

HiDALLAN, ( envojé par Fiugal pour annon cer son retour à Comala. )

Où traîner ma douleur amere!

O regrets, 6 cris superflus !

Nos cbefs ont mordu la poussière : Le roi des boucliers n'est plus,

Quel monarque a perdu la vie .*

Avoit-il la vive blancheur

Ou des frimas de la prairie,

Ou du cygne , amour du chasseur ?

Son œil étoit-il intrépide ?

Et dans les combats meurtriers

Sa lancé , comme un feu rapide ,

Consumoit-eUe les guerriers ?

H I D A L I. A N , [feignant de ne pas l'entendre. ) Oh! que n'entends-je son amante, Assise au pied du roc désert.

Appeler d'une voix touchan te

L'aimaLle guerrier qu'elle perd !

Fils du printemps , zéphyr folâtre , Soulevé l'or de ses cheveux; Découvre-moi son sein d'alhâtrc , Et l'humide azur de ses yeux.

Page 1