‹ Ossian, uvres complètesChapitre 31 sur 102 · LIVRE l'iil \lll.l · texte numérisé non relu

LIVRE l'iil \lll.l

t< -i nugissani des bruyèrei lonorea «!<• Golbun. < I i.i. un d'eux le réclamait, ef la m«>ii l'était louvent montre .1 la pointe I' ur aciei . ( lôte 1 « 6ft héros combattirent el les étrangers de I < '< 1 an prirent la Fuite. Quel nom Fui plus beau sur la < olline que le nom de Gairbar el de Grudar? M.iis hélas {pourquoi !<■ taureau mugissait-il toujours mm 1rs bruyères sonores <!<• Golbun? Ils le virent bondissant, blanc comme la neige; et le courroux des ch( 1- ralluma.

Ils combattirent sur les rives gazonnées du Lubar; (1) el Grudar 1 Im dans son sang. I.< fa-

rouche Cairbar vint à layallét Brassolis, la plus

belle de ses Bœurs, chantait, solitaire, le chant de la tristesse. Elle cban tait les actions de Grudar, le jeune et secret amour de son âme. Elle gémissait sur lui, exposé dans le champ du carnage, mais encore, elle espérait son retour. Son sein se voyait sous sa robe, comme la lune entre les nuages de la nuit, quand ses bords sortent ronds et blancs des ténèbres qui couvrent son orbe. Sa voix était plus douce que la harpe, pour exhaler les chants de; la tristesse. Son âme s'était posée sur Grudar, et c'était lui , qu'en secret , cherchaient les regards de ses yeux. Quand reviendras-tu dans tes armes, ô toi puissant clans les combats"? »

Gairbar vint et dit : « Prends, Brassolis, prends ce bouclier sanglant. Suspends-le dans ma demeure, c'est l'armure de mon ennemi ! » Son tendre cœur battit contre sa poitrine. Eperdue, pâle, elle vole et trouve son jeune guerrier étendu dans son sang. Elle mourut sur la bruyère du Cromla. Ici reposent leurs cendres, Cuthullin ! Ces ils solitaires, nés de leurs tombes, les abritent contre l'orage.

m Belle était Brassolis sur Ja plaine! majestueux

(1) Lubar, rivière dans l'Dlster. « Labhar », haut, bruyant.

i34 F1SGAL.

était Grudar sur la colline! Les bardes conservèrent leurs noms et les enverront aux siècles à venir! »

« Agréable est ta voix, ô Garril, dit le fils aux yeux bleus d'Erin. Douces sont les paroles <l<'s temps passes. Elles sont comme l'ondée calme du printemps ; quand le soleil regarde sur ia plaine et que le nuage léger vole sur les collines. OU ! frappe la harpe à la louange de mon amour, le rayon solitaire de Dunscaith ! frappe la harpe à la louange de Bragéla, de celle que j'ai laissée dans l'île des Brouillards, l'épouse du fils de Sémo. Lèves-tu ta blonde figure au-dessus du rocher pour découvrir les voiles de Cuthullin? La mer roule à distance, et tu prends sa blanche écume pour les voiles de mes vaisseaux. Retire-toi, mon amour, car il est nuit; les vents nocturnes gémissent dans tes cheveux. Retire-toi au palais de mes fêtes et rêve aux temps passés. Je ne reviendrai pas que l'orage de la guerre ne soit dissipé. O Connal, parle-moi d'armes et de combats, et bannis-la de ma pensée ! Gracieuse, sous sa flottante chevelure, est la blanche fdle de Sorglan. »

Connal, lent à parler, répondit : « Défie-toi de la race de l'Océan. Envoie ta troupe de nuit surveiller dans la plaine, les forces de Swaran. Cuthullin, je suis pour la paix, jusqu'à l'arrivée des enfants de Selma, jusqu'à ce que Fingal, le premier des hommes, vienne, et comme le soleil, ravonne sur nos plaines !" Le héros frappa le bouclier d'alarmes; les guerriers de la nuit se mirent en marche. Le reste se coucha sur la bruyère du chevreuil et dormit sous la brise nocturne. Les ombres (i) des héros récemment décédés, erraient près d'eux et nageaient sur leurs nuages ténébreux : à distance, dans le

(i)Les anciens Écossais ont cra longtemps qu'un fantôme faisait entendre des gémissements près de l'endroit où bientôt après devait arriver une mort.

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Membre lilence de Lena, l«s troti grêles de la m >rl < t.i it i: t faiblemenl entendu» s.

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