‹ Ossian, uvres complètesChapitre 34 sur 102 · I.IViîl Dl.l XII Ml · texte numérisé non relu

I.IViîl Dl.l XII Ml

i ii m\ (i sombre, et que le voyageur roîl un fantôme e jouer dans le météot e.

Les collines d'alentour s'éclairent faiblement et montrent confusément leurs chênes. In vent lance de l'0< éan agité et dissipe les lourde* \ ..| i ors, el les enfants d'Erin apparaissent sur la < <>i<- i omme une chaîne de rochers, lorsque les matelots, >m <!< s bords i m connus, tremblent de I in< onstance des

vents.

Va, Morla, «lit le »«>i de Lochlin, va leur offrir la |>.ii\ aui conditions que nous imposons aux rois, quand les Dations se prosternent devant nos ■ quand les braves sont morts dans !«• combat et que les vierges pleurent sur le < bamp de bataille.

Le lils de Su artli , le grand Morla s'avance; majestueuse est la démarche <!m jeune guerrier! Il parle au chef aux yeux bleus d'Erin, entouré «le ses héros :« Accepte la paix de Swaran, lui dit-il, la paix qu'il donne aux rois quand les nations se prosternent devant son épée. Abandonne-nous le^ plaines anosees d'Erin; cède-lui ton épouse et ton chien, ta belle épouse aux seins blancs, et ton chien qui devance les vents; donne-les pour prouver la faiblesse de ton bras, et vis ensuite sous notre puissance- »

« Dis à Swaran, dis à ce cœur d'orgueil que Cuthullin ne cède jamais ! Je lui abandonne les flots de I Océan ou je donnerai à son peuple des tombeaux dans Erin. Mais l'étranger jamais n'aura le doux rayon de mon amour ; jamais sur les monts de Lochlin, chevreuil ne volera devant Luath aux pieds légers. »

« Faible conducteur des chars , re'pondit Morla , combattras-tu donc le roi"? le roi dont les vaisseaux, fils des nombreuses forêts , pourraient emporter ton île, tant ton Erin, aux vertes collines, est peu de chose pour celui qui gouverne les vagues orageu-

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ses ! » — u En paroles je le cède à plusieurs, Morla : Mon épée ne cédera jamais à personne! Erio reconnaîtra l'empire de Cor mac tant que vivront Connal et Cttthulliii ! »

« Connal , ô le premier des hommes puissants, tu entends les paroles de Morla! Tes pensées serontelles encore pour la paix, ô toi qui brises les boucliers? Ombre de Crural, pourquoi nous as-tu menaces de la mort ? L'étroite demeure me recevra au milieu de la lumière de la gloire. Lenez, fils d'Erin, levez la lance et tendez l'arc; sur l'ennemi, fondez dans les ténèbres, comme les esprits des nuits orageuses! »

Alors, terrible et rugissante, impétueuse et profonde, la bataille verse ses ténèbres, comme les nues qui roulent sur la vallée, quand les orages envabissent la tranquille lumière du ciel. Cuthullin, dans ses armes, marche devant eux, comme un fantôme irrité devant un nuage, quand les météores l'environnent de feu et qu'il tient dans sa main les vents de la tempête. Carril fait retentir au loin le cor de la bataille; il réveille la voix des chants et verse son âme dans les âmes des braves.

« Où , disait la bouche mélodieuse , où est Crugai tombé dans la mêlée ? Il git oublié sur la terre; la salle (i) des coupes est silencieuse. Triste est l'époux de Crugal. Elle est étrangère dans le palais de sa douleur. Mais quelle est cette beauté qui, comme un rayon de soleil, fuit devant les rangs de l'ennemi? C'est Dégréna, la belle et gracieuse épouse de Crugal. Sa chevelure derrière elle, flotte sur le vent; son œil est rouge de pleurs, sa voix perçante. Pâle

(i) Les anciens Scots buvaient dans de grandes coquilles. De là les expressions de: «chef des coquilles, salle des coquilles ; que nous traduisons par : »clier" des coupes , salle des coupes.

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ri <.m> vie < si maintenant ton Crugal; sou ombre est « I . < ii— l.i caverne de la colline; ii vienl .1 l'oreille «lu sommeil ei fiiii entendre sa faible voix, semblable au bourdonnement <l< l'abeille des mon! ou à «clin des innombrables in e< t< - du ir. Mais

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glaive de Looblin est dans les flancs. Cairbar, <l !<• est tombée, la première pensée de ta jeunesse; elle est tombée, <> Cairbar, la pensée de tes jeunes

lll III 1 -

L'impétueux Cairbar entendit ce ebant de douleur. Il s'élance, pareil à la baleine de l'Océan; il voit la mort de sa fille et rugît au milieu des ennemis. Sa lance atteint un fils «le Locblin ; la bataille s'étend d'une aile à l'autre! Comme les vents conjurés dans les forets «le Lochlin, comme le feu dans les sapins «les montagnes, avec amant de bruit et de ravage roulent abattus 1<> vastes rangs des hommes ! ( aithullin moissonnait les guerriers comme des chardons; Swaran dévastait là in. Sous sa main tombent Curach et Cairbar au large bouclier! Morglan repose dans l'éternel sommeil! Ca-olt frissonne et meurt! Sa blanche poitrine est tachée de sang ; ses blonds cheveux sont étendus sur la poussière de sa terre natale. Il avait souvent étalé le festin aux lieux mêmes où il tomba; souvent il y avait réveillé la voix de la harpe, quand ses chiens sautaient de joie autour de lui , et que la jeunesse de la chasse préparait les arcs!

Swaran avançait toujours comme un torrent qui se précipite du désert et roule dans sa course les petites collines et les rochers à moitié engloutis! Mais Cuthullin se tint devant lui, comme une montagne qui arrête les nuages du ciel : les vents luttent sur sa tête de sapins, la grêle résonne sur ses rochers; mais ferme dans sa force, elle reste debout, et protège la vallée silencieuse de Cona. Ainsi Gu-

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thullin protégeait les enfants d'Erin et se tenait au milieu des milliers d'ennemis. Le sang des héros expirant autour de lui, jaillit comme la source du rocher, niais l'armée d'Erin, d'une aile à l'autre, se fond comme la neige aux rayons du soleil.

« O fils d'Erin, dit Grumal, Lochlin triomphe sur le champ de bataille ! Pourquoi lutter comme des roseaux contre le vent? Fuyons vers la colline des chevreuils î » Il s'enfuit, pareil au cerf de Morven; sa lance, rayon de lumière, tremble derrèire lui. Peu de guerriers fuirent avec Grumal, chef à l'âme débile; ils périrent dans le champ des héros, sur la bruyère de Lena.

Debout sur son char aux pierres brillantes, se tenait le chef d'Erin. Il abattit un fils puissant de Lochlin et dit à Connal : a O Connal, premier des mortels, toi qui enseignas à mon bras à donner la mort! quoique les enfants d'Erin aient pris la fuite, ne combattions-nous pas l'ennemi? Cari il, fils des temps passés, conduis mes guerriers vers cette colline couverte de buissons, et nous, Connal, tenonsnous ici comme des rochers et protégeons la fuite de nos amis.

Connal monte sur le char. Ils étendent leurs boucliers , pareils à l'orbe obscurci de la lune , fille des cieux étoiles, quand elle promène son cercle ténébreux à travers les airs et qu'un événement terrible est attendu des hommes. Sifadda et Dusronnal, coursiers superbes, haletants, gravissaient la colline. Comme les vagues derrière une baleine, derrière eux se ruait l'ennemi.

Sur les flancs élevés du Cromla s'arrêtèrent les enfants d'Erin, tristes et en petit nombre; comme une forêt à travers laquelle s'est précipitée la flamme, poussée par les vents d'une nuit d'orage : noirs et à demi consumés , les arbres se tiennent à

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