LA MORT DE CUTI1ULLIN
brave Calmar, pourquoi regardes-tu vers le désert, si tu vois revenir ton (ils? Ce ne sont point ses héros que tu vois , sombres sur la bruyère; et cette voix, n'est point celle de Calmar. Ce n'est qu'une forêt lointaine, ô Alcletha, ce n'est que le rugissement du vent de la montagne! »
ALCLETHA.
« Quel est celui qui franchit le torrent de Lara, sœur du noble Calmar? Alcletha ne voit-elle point la lance de son fils? Mais mes yeux sont affaiblis! Fille de mon amour, n'est-ce point là le fils de Matha? — Ce n'est qu'un chêne antique, répondit la belle et pleurante Alona. Ce n'est qu'un chêne, Alcletha, penché sur le torrent de Lara. Mais qui vient le long de la plaine ? La douleur est dans sa marche rapide ! Il lève la lance de Calmar : Alcletha, elle est couverte de sang! »
ALCLETHA.
« Sœur de Calmar, c'est qu'elle est couverte du sang des ennemis ! Sa lance, ni son arc ne sont jamais revenus de la bataille des braves sans être tachés de sang : sa présence consume les armées; c'est une flamme de mort, ô Alona î — Jeune et rapide messager de deuil , où est le fds d' Alcletha ? revient-il , avec sa gloire, au milieu de ses boucliers retentissants"? Tu es sombre et silencieux! Calmar n'est donc plus? Ne me dis point, ô guerrier! comment il a péri; je ne puis entendre parler de sa blessure. »
« Pourquoi regardes-tu vers le désert, mère de Calmar qui n'est plus? »
Tel était le chant de Cari il, tandis que Guthullin était couché sur son bouclier; les bardes se repo-
i i Moi:i Di. Cl nu i.u.v 22.»
v.iuii! sur leurs harpes, cl le sommeil autour il en\
ndii doucement. L<- fils de Semo était seul éveillé, el son âme méditai 1 sur la guerre. Les chênes embrasés commencent a s'éteindre; une faible
lueur rOUge Se joue a Témoin ; une roil faillie se
J'aii entendre. L'ombre de Calmar parut; obscure" ment elle cheminait le long de cette lumière. Livide
est la blessure de SOn liane; ses cheveux Sont «'par-
ei Bottent en désordre ; la joie s'assied pâle but son visage, et il semble inviter < luthullin à sa caverne.
u Fils de la nuageuse nuit , dit le chef d'Erin en se levant; ombre «lu noble Calmar, pourquoi penches-tu tes yeux sombres sur moi '! Voudrais-tu m'effrayer, à Bis «le Matha! et me détourner «les combats «le Cormac?Ta main n'était pas faible dans la guerre, »'t ta voix n'était point pour la paix, (^ue tu es changé, chef «le Lara, si maintenant tu me conseilles de fuir ! Mais je n'ai jamais fui, ô Calmar! je n'ai jamais craint les fantômes de la nuit. Borne est leur savoir, débiles sont leurs mains; leur demeure est dans les vents. Mais mon âme grandit dans le danger et se réjouit dans le bruit de l'acier. Retiretoi à ta caverne, tu n'es point l'ombre de Calmar! 11 se plaisait dans les combats, et son bras était semblable à la foudre du ciel! » Avec joie le fantôme se retira sur sa brise, car il avait entendu la voix de ses louanges.
Le faible rayon du matin se lève, et le bruit du bouclier de Caithbat se répand au loin. Les guerriers de la verte Erin s'assemblent avec un bruit pareil au rugissement de plusieurs torrents. Le cor de la guerre est entendu sur le Lego. Le puissant Torlatb arrive; : — « Pourquoi, Cuthullin, viens-tu avec tes milliers? dit le chef de Lego. Je connais la force de ton bras, et ton âme est un feu qui ne s'éteint jamais : pourquoi ne pas combattre dans la plaine et laisser nos guerriers contempler nos exploits?