LIVRE PREMIER
«lent, el ma Pète esi préparée dan
J'écoutais Cormac en Bilence. Mes lai m mençaienl .1 couler; j<' les cachais vfiix blancs. Le roi s'a perçu! de ma douleur, u I ils de Connachai , me dit-il, le fils de Semo est-il loi Pourquoi ces soupirs qui s'échappent en secret? Pourquoi tes larmes coulent-elles? Torlath . le «les chars, vient-il? Entends-tu la marche il I bar aux chev< ux roux? Ils vienneni !... Je 1<: vois à ta douleur! Le chef «le Tura a'esl plus! \e volerai-je pas au combat?... Mais je ne puis lever la lance!
Oh! si mon bras avait la force de Cuthullin, < ';» i 1 -
bair serait bientôt en Fuite; la renommée de mes pères sérail renouvelée ainsi que les hauts faits des
siècles passes ! »
Il prend son arc; des larmes coulent de ses veux étincelants. La tristesse augmente autour de lui. Les cent bardes se penchent en avant sur leurs harpes; le vent seul en touche les cordes tremblantes, elles rendent un son lugubre et sourd (1). Une voix se fit entendre dans l'éloignement ; telle celle d'un homme plongé dans la douleur. C'était Carril des temps anciens, qui venait de la sombre Slimora. Il raconta la mort de Cuthullin; il raconta ses glorieuses actions. L'armée était éparse autour de son tombeau ; les guerriers avaient posé leurs armes sur la terre; ils avaient oublié la guerre, car ils ne voyaient plus celui qui fut leur père !
u Mais, dit Carril à la voix douce, quels sont ceux qui s'avancent comme des cerfs bondissants? Leur stature est semblable à celle des jeunes arbres de la
(1) C'est leson prophétique, dont il estfait mention dans plusieurs autres poèmes ; son que la harpe des bardes rendait d'elle-même avant la mort d'un personnage illustre.
TÉMORA.
vallée qui croissent à la pluie! Leurs joues sont douces et vermeilles! Des âmes intrépides se montrent dans leurs yeux! Quels autres que les fils d'Usuoth, chef d'Etha des torrents? Les guerriers se lèvent de toutes parts, tels qu'un feu à moitié éteint, quand les vents viennent subitement du désert sur leurs ailes bruyantes. Le front noir de la colline s'illumine tout à coup, et le matelot qui passe ralentit sa course sur la mer. On entend le son du bouclier de Caitlibat. Les guerriers, dans Nalhos, crurent revoir Cutbullin; c'est ainsi qu'il roulait ses yeux étincelants; tels étaient ses pas sur la bruyère! Des combats sont livrés sur les bords du Lego, et Tépée de Natbos triomphe. Tu le verras bientôt dans ton palais, ô roi de Témora. « Puissé-je voir bientôt ce chef, répondit le roi aux yeux bleus. Mais mon âme est triste à cause de Cutbullin. Sa voix était agréable à mon oreille. Souvent, sur le Dora, nous sommes allés ensemble à la chasse des chevreuils. Son arc était infaillible sur les collines. 11 parlait des hommes puissants. Il me racontait les hauts faits de mes pères, et je sentais se réveiller ma joie. Mais assieds-toi au festin, ô Carril ! J'ai souvent entendu ta voix. Chante à la louange de Cutbullin : chante à la louange de Pathos d'Etha ! »
Avec tous les rayons de l'Orient, le jour se leva sur Témora. Le fils du vieux Oellama, Crathin , se présente dans la salle. « Roi d'Erin, dit-il, j'aperçois un nuage dans le désert! D'ahord il m'a semblé voir un nuage, mais maintenant c'est une foule de guerriers ! Un seul devant eux s'avance plein d'ardeur. Ses cheveux roux volent sur les vents, son bouclier étincelle au rayon du matin. Sa lance est dans sa main. » — » Convie-le à la fête de Témora, répondit le roi souriant. Fils du généreux Gellama, mon palais est la demeure des étrangers! C'est peut-être le chef d'Etha qui vient dans toute sa gloire. Salin.,