‹ Ossian, uvres complètesChapitre 64 sur 102 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

auguste étrangi i [)! ei tu de amis de I Vf ait) Carril, il est Bombre et ^m-. beauté. Il tire

barde des Ni«-u\ temps, est-ce là le fila <\\'-notli ? n

u Ce n'est pas l<- fils d'Usnoth, s'écria Carril, Cairbar, ton ennemi ! Pourquoi parais-tu dans tes armes à Témora, cbef an sinistre front? Ne lève point i«in épée contre Cormac! <>u portes-tu tes Sans répondre il s'avance sombrement et saisit la main du roi. Cormac prévoit sa mort; la étincelle dans ses yeux. — «Retire-toi, cbefd'Atba! Natlios approche <'t la guerre avec lui. Tu 1 8 audacieux dans le palais <lc Cormac, parer qu< est faible! n L'épée entre dans le liane dn roi; il tombe dans le palais de ses pères: ses blonds cbe-

ven\ (rainent dans la poussière et son sang l'unie antour «le lui.

h l'a tn tombes dans ton palais, dit Carril, ô (ils du noble Àrtho! (^ue n'avais-tu près de toi le bouclier de Cuthullin ou la lance de ton père ! Le deuil est sur les montagnes d'Erin, car le chef du peuple est abattu! bienheureuse soit ton âme, ô Cormac! Tu t'es éteint dans ta jeunesse! » Ces paroles arrivèrent aux oreilles de Cairbar. Il nous enferma au milieu des ténèbres. Il craignait de lever son épée sur les bardes, quoique son âme fut criminelle. Longtemps nous languîmes dans la solitude : enfin arriva le généreux Cathmor. Delà caverne il entendit noire voix et tourna sur Cairbar les veux de son courroux.

u Frère de Cathmor, dit-il, jusqu'à quand affligeras-tu mon âme? Ton cœur est un rocher, et tes pensées sont noires et sanguinaires ! Mais tu es le frère de Cathmor; etCathmor brillera dans tes guerres. Mon âme cependant ne ressemble pas à la

(i ) Cairbar entre dans le palais.

2;>4 TEMORA.

tienne, guerrier à la main débile! La lumière de mon âme est ternie par tes actions ! Les bardes ne chanteront point ma gloire; ils diront peut-être: « Gathmor était brave, mais il combattit pour le sombre Cairbar. » Ils passeront en silence sur ma tombe et ma renommée ne sera point célébrée. Cairbar, rends la liberté aux bardes. Ce sont les fils des siècles à venir; leurs voix se feront entendre dans les années futures, alors que ne seront plus les rois de Témora. »

Nous sortîmes à ces paroles du cbef et nous le vîmes dans sa force. Il te ressemblait, ô FingaL lorsque dans ta jeunesse tu levas la lance pour la première fois. Son visage était semblable au soleil lorsqu'il est dans toute sa splendeur; aucun nuage ne passait sur son front. Il venait alors avec ses'milliers, pour secourir Cairbar aux cheveux roux; il vient maintenant pour venger sa mort, ù roi de Morve n «ies bois ! »

a Qu'il vienne, s'écria le roi, j'aime un ennemi aussi généreux ; son âme est grande , son bras est fort et ses combats sont pleins de gloire. Mais lame du faible est une vapeur qui Hotte autour d'un lac marécageux; elle ne s'élève jamais sur la verte colline, de peur d'y rencontrer les vents : sa demeure est dans les cavernes, et de là elle lance les traits de la mort. Nos jeunes héros, ô guerriers, sont fameux comme leurs pères. Us combattent dans leur jeunesse, ils tombent et leurs noms survivent dans les chants. Les ténèbres des années s'épaississent autour de moi, mais Fingal ne doit point tomber comme un chêne vieilli à travers un torrent ignore : le chasseur s'approche et le voyant couché sous le vent, m comment cet arbre est-il tombé?» Il dit et s'éloigne en sifflant.

«Bardes de Morven, entonnez léchant de la joie ! Que nos âmes oublient le passé. Les rouges étoiles

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