‹ Ossian, uvres complètesChapitre 66 sur 102 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Argument.

Ce livre commence vers le milieu de la nuit par un monologue d'Ossian qui s'était éloigné du reste de l'armée pour pleurer son Hls Oscar. Entendant le bruit de l'armée de Cathmor qui s'approche il va trouver l illan son frère qui veillait sur la colline de Mora , en face de Tannée de Fingal. En causant avec son frère il introduit l'épisode de Conar, fils de Trenmor, premier roi d'irlande. Cet épisode dévoile l'origine des contestations qui existaient entre les Cael et les Fir-bolg ; les deux peuples qui s'étaient, les pre-

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miers, emparés de cette île. Ossian allume un grand feu sur Mora ; Cathmor renonce alors au dessein qu'il avait formé de surprendre les Calédoniens. Il assemble le conseil de ses chefs et réprimande Foldath d'avoir proposé une attaque de nuit; puisque les Irlandais sont de beaucoup en nombre supérieurs à l'ennemi. Le barde Fonar raconte l'histoire de Crothar, ancêtre de Cathmor, épisode qui répand un grand jour sur l'histoire d'Irlande et sur l'origine des prétentions de la famille d'Atha au trône de ce pays. Les chefs d'Erin se livrent au sommeil, et Cathmor se charge seul de la veille de nuit. "Dans sa marche autour de l'armée il est rencontré par Ossian: entrevue de ces deux héros. Cathmor obtient d'Ossian la promesse qu'il fera chanter une élégie funèbre sur la tombe de Cairbar; c'était alors une opinion générale que les âmes des morts ne pouvaient être heureuses qu'après avoir été célébrées par les chants des bardes. Le jour paraît. Cathmor et Ossian se séparent. Ce dernier, rencontrant par hasard Carril, fils de Kinfena, envoie ce barde chanter l'hymne funèbre sur la tombe de Cairbar.

Père des héros, ô Trenmor , suprême habitant des tourbillons de l'air , où la foudre enflammée sillonne les nuages bouleversés! ouvre ton palais orageux ! Que les bardes des siècles passés s'approchent et descendent vers nous avec leurs chants et leurs harpes à moitié visibles ! Ce n'est point un habitant des humides vallées qui se présente ; ce n'est point un chasseur inconnu aux bords de ses torrents! Mais c'est un chef des chars, c'est Oscar, qui vient des champs de la guerre. Que tu as , ô mon fds, subitement changé de ce que tu étais sur la plaine obscure de Lena ! Les vents te roulent dans leurs plis et gémissent à travers les cieux. Ne vois-tu pas ton père près du torrent de la nuit? Les chefs de Morven dorment loin de moi. Ils n'ont point perdu un fils! mais vous avez perdu un héros, ô chefs de Morvén ! Qui pouvait égaler sa force quand la bataille roulait contre lui , semblable à la majesté sombre des vagues orageuses ! Mais pourquoi ce nuage sur l'âme d'Ossian? Elle doit s'enflammer

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dans le danger. L'armée d'F.i-in s'approche : le roi

de Sel m a est seul. Tu oe sn;i> pas seul, <> mon père! i.ini que je pourrai lever I;» lani

Couvert de toutes mes armes je me levai et je prêtai l'oreille aux vents <l<- la nuit. Le bouclier de Pillan oe 8e faisait point entendre : je tremblai pour le Dis de Pinçai. L ennemi serait-il venu pendant la Duit?Le guerrier aux cheveux bruns aurait-il succombé? » Dans l'éloignement s'élève un murmure sourd, semblable au bruit du lac de l-<;;<», quand ses ondes se resserrent aux jours «le la gelée et qu'on entend craquer les glaces qui se brisent : le peuple • le Lara lève tes yeux au ciel et prévoit la tempête. Je m'avance sur la bruyère; la lance d'Oscar est dans ma main. D'en haut regardaient les rouges étoiles et je brillais dans l'ombre de la nuit. Je vis devant moi Fillan, se penchant en silence sur le rocher du Mora. Il écoutait les cris de l'ennemi et la joie se levait clans son âme. 11 entendit le bruit de mes pas et tourna sa lance contre moi.

« Fils de la nuit, viens-tu avec la paix, ou viens tu affronter ma colère ?Les ennemis de Fingal sont les miens. Parle ou redoute ce fer. Je ne suis point en vain le bouclier delà race de Morven! »> — «Et puisses-tu ne l'être jamais en vain,ô fils de Clatho aux yeux bleus ! Fingal commence à être seul. Les ténèbres s'amassent sur les derniers de ses jours; mais il a deux fils qui doivent briller dans la guerre, qui doivent être deux rayons de lumière pour éclairer le départ de sa vie. »

Fils de Fingal, répondit le jeune guerrier, je ne lève la lance que depuis peu de temps encore; mon épée n'a point encore laissé de traces sur le champ des batailles; mais mon âme est de feu! Les chefs de Bolga (i)se pressent en foule autour du bouclier

(i)La partie méridionale de l'Irlande porta quelrjue temp;

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«lu généreux Cathmor; ils sont assemblés sur cette bruyère. Mes pas s'approcberont-ils de leur armée? Je n'ai cédé qu'au seul Oscar dans les courses de Cona! »

« Tu ne dois point, Fiilan, t'approcher de leur armée ni tomber avant que ta gloire ne soit connue. Mon nom est célébré dans les cbants. J'avancerai quand il en sera temps. Retiré sous les voiles delà nuit, j'observerai leurs brillantes tribus. Mais pourquoi, Fiilan, me parles-tu d'Oscar"? pourquoi réveiller mes soupirs? Il me faut oublier le guerrier jusqu'à ce que la tempête soit passée. La tristesse ne doit pas rester dans le danger ni les pleurs dans l'œil de la guerre. Nos pères oubliaient la mort de leurs enfants, jusqu'à ce que le bruit des armes eût cessé. La douleur alors revenait à leurs tombes et les bardes faisaient entendre leurs cbants. Le souvenir de ceux qui avaient péri succédait promptement au départ de la guerre. Lorsque s'est dissipé le tumulte des combats, l'âme en silence s'attendrit sur les morts.

« Conar était frère de Traînai le premier des mortels. Il avait combattu sur toutes les côtes. Mille torrents roulaient le sang de ses ennemis. Sa renommée comme une brise agréable, remplissaitla verdoyante Erin. Les nations se rassemblaient dans Ullin et bénissaient le roi ; le roi de leurs ancêtres, venu de la terre de Selma.

«Les chefs orgueilleux du midi s'étaientrassemblés: dans l'horrible caverne de Moma ils échangèrent de secrètes paroles. Là, disait-on, apparaissaient souvent les ombres de leurs pères, montrant leurs pâles fantômes dans les fentes des rochers et leur rappelant l'honneur deBolga. « Pourquoi, disaient-ils,

le nom de Bolga, des Fir-bolg ou Belges Bretons qui s'y établirent. On les appelait Fir-bolg, hommes d'arc, parce qu'ils se servaient de l'arc plus que toutes les autres nations voisine?.

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