‹ Ossian, uvres complètesChapitre 71 sur 102 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

ci leurs arbres. Que nu pi loient toujours loin «In Crona! la morl >\ prêt ipitel Butants de la nuageuse Morven, descendez ainsi de la colline de

Moi a ! n

uQueJ est «(-lui qui, sur les rives de Cluthi lève de ion char? les collines tremblent devant lui, les sombres forêts retentissent alentour <-i s'éclairent de son acier. Vbyex-le mi milieu des ennemis semblable au fantôme de Colgach, quand, en le jouant, il disperse les nuages et chevauche lurle tourbillon des vents. C'est Morni, le chef aux coursiers bondissants. ( tGaul, sois semblableà ton père ! »

Les portes de Selma sont ouvertes. Les bardes prennent leurs harpes tremblantes, Dix jeunes guerriers apportent l<- chêne de la fête. Un rayon de soleil dore au loin le liane de la colline. Les sombres ondulations de la brise passent sur la verdure de la plaine. Pourquoi es-tu silencieuse, <> Selma! ton roi revient avec toute sa gloire, La guerre n'at-elle pas rugi? Cependant son front est paisible! ( hii , la guerre a rugi et FingaJ a triomphé ! O Fillan, suis semblable à ton père ! »

Les guerriers s'avancent à la voix des bardes ; leurs armes se balancent dans l'air, comme les roseaux de la plaine sous les vents de l'automne. Le roi dans ses armesse tenait sur le Mora. Le,brouillard volait autour de son large bouclier, suspendu à une branebe élevée sur le vert roeber de Cormul. Près de Fingal je me tenais silencieux et tournais mes yeux vers les bois du Cronila, de peur qu'à la vue de l'armée mon âme brûlante n'y précipitât mes pas. Un pied eu avant sur la bruyère, je brillais , majestueux sous mes armes, comme la cbute du torrent deTromo, que les vents de la nuit enebainent et couvrent de glaces : le jeune enfant le voit briller sur la montagne au ravon du matin; il prête l'oreille et s'étonne de son silence.

272 TEMORA.

Caihmor, de son côté, ne restait point penché sur son torrent, comme un enfant dans une plaine tranquille. Vague orageuse et sombre, il déployait au loin les ailes de son armée; mais quand il aperçut Fingal sur le sommet du Mora , il sentit s'éveiller son généreux orgueil : «Le chef d'Atha combattrat-il quand le roi n'est pas dans la plaine? Foldath, conduis mon armée; tu es un astre de lumière ! »

Foldath de Moma s'avance comme un nuage, la demeure des fantômes. Il tire son épée; c'est une flamme qui jaillit de son côté. Il donne le signal du combat et les tribus, semblables aux vagues écumantes, versent sombrement leurs forces sur la plaine. Il marche fièrement devant elles; son œil roule étincelant de rage; il appelle Connu], le chef de Dunratho , et lui dit ces paroles :

«Cormul, tu vois ce vert sentier qui serpente derrière les ennemis; places-y tes guerriers, de crainte que Selma n'échappe à mon épée. Bardes d'Erin aux verdoyantes vallées, que nul de vous n'élève la voix : il faut que les fils de Morven tombent sans être célébrés ; ce sont les ennemis de Cairbar. A l'avenir, le voyageur rencontrera près du lac des roseaux l'épais et sombre brouillard de leurs ombres, errant sur la plaine de Lena : privées du chant funèbre, jamais elles ne monteront à la demeure des vents. »

Cormul s'éloigne d'un air déplus en plus sombre. Sa tribu se précipite sur ses pas. Ils disparaissent derrière un rocher. Gaul, dont l'œil a suivi la marche du chef de Dun-ratho, s'adresse à Fillan de Selma: «Tu vois les pas de Cormul : que ton bras s'arme de force ! quand il sera terrassé, souviens-toi, fils de Fingal, que Gaul combat ici : c'est ici que je vais fondre sur l'ennemi, au milieu de ces rangs de boucliers. »

Le signal de la mort s'élève : c'est le son terrible

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